A la peur et au sécuritaire, opposons une éthique de la solidarité et l’hospitalité!

Des associations d’horizons divers prennent la parole à propos du climat délétère qui se développe et s’amplifie à Bruxelles. Si la parole est largement réservée aux élus et experts en tous genres, les acteurs de terrain estiment que les arguments de la société civile bruxelloise doivent aussi être entendus. Lire en ligne 




La campagne « Palestine, 50 ans sous occupation » et nous

L’UPJB est partie prenante de la campagne initiée par l’Association belgo-palestinienne « Palestine, 50 ans sous occupation » qui se déroule du printemps à l’automne 2017.

Cette campagne a pour objectif principal de rappeler à l’opinion publique et aux responsables politiques belges et européens que les Palestiniens de Cisjordanie, de Jérusalem-est et de la bande de Gaza ainsi que les Syriens du plateau du Golan vivent, depuis cinquante ans (!) sous occupation militaire ; que les Palestiniens de ces territoires n’ont aucun droit de citoyen, qu’ils subissent pour la plupart une situation de grande pauvreté, essentiellement due à leur enfermement ; que des centaines de milliers parmi eux vivent encore dans des camps de réfugiés, que des milliers sont en prison dont beaucoup sans jugement et que la colonisation israélienne de terres volées aux Palestiniens se poursuit sans discontinuité.

Nous appelons nos membres et sympathisants à s’associer activement à cette campagne, en signant la pétition adressée à nos autorités et en participant aux multiples activités d’information et de soutien organisées dans le cadre de cette campagne. Tous les détails ici : http://www.stop-occupation.be/.




Appel contre la hausse du minerval pour les étudiants étrangers

L’UPJB  fait partie des signataires de l’appel contre la hausse du minerval pour les étudiants étrangers suivant:

Les étudiant·e·s venant de la liste des « Pays en Voie de Développement » ont déjà vu leurs minerval augmenter à 4175€, soit une augmentation de plus de 2000€ . Entre temps, le plafond fixant les montants du minerval pour tout les étudiants hors UE a été revu à la hausse sous la pression des recteurs, atteignant ainsi quinze fois le montant du minerval soit 12 525€ !

Nous nous opposons catégoriquement à cette situation d’injustice envers les étudiant·e·s hors-UE et nous réclamons la fin de cette politique de frais majorés. Parce que nous devons revendiquer un enseignement supérieur accessible à tou·te·s et s’engageant réellement contre les discriminations aussi bien économiques que nationales, rejoins nous !

Nos mobilisations précédentes ont déjà réussi à bloquer la situation et qu’elle n’empire pas l’an prochain. Nous continuerons donc à lutter jusqu’à ce les recteurs changent de positions et que nos revendications soient prisent en compte.


Rendez vous le 20 avril sur les différents campus, à 12h devant le service inscription de l’ULB (Bruxelles) et à 12h45 sur la place de l’université (UCL – Louvain) !

Appel à signataires: merci d’envoyer un mail à hausseminerval@gmail.com pour faire part de votre soutien.

Plus d’infos sur la page Facebook en cliquant ici!




Le temps du passage à l’acte et le temps de la résistance ! Solidarité européenne !

Communiqué de :

• Union Juive Française pour la Paix (France)
• Rete Eco, Ebrei Contro L’Occupazione (Italie)
• Jüdische Stimme für einen gerechten Frieden (Allemagne)
• Union des Progressistes Juifs de Belgique
• Jewish Voice for Democracy and Justice in Israel/Palestine (JVJP) (Suisse)

La question de l’islamophobie qui nous mobilise en Europe a été brutalement réactivée en Amérique du Nord, dans des proportions inattendues. Entouré d’antisémites pro-israéliens, Donald Trump a pris le 27 janvier le décret de la honte du #muslimban, interdisant l’entrée des États-Unis aux ressortissants de pays musulmans considérés globalement comme terroristes potentiels. Dans le même temps, il lâchait la bride à l’allié israélien en approuvant la colonisation et en envisageant de déplacer l’ambassade des États-Unis vers Jérusalem.

Les Européens ont été aussi surpris par l’ampleur de la riposte populaire, mêlant musulmans et militants de Black Lives Matter, hispaniques et juifs progressistes de Jewish Voice for Peace.

Pour beaucoup de manifestants américains, la question de la Palestine et celle de la fermeture des frontières doit être liée : « From Palestine to Mexico, all walls have got to go » (De la Palestine au Mexique, tous les murs doivent tomber).

Le passage à l’acte a pris une tournure tragique, le 29 janvier, avec l’attentat terroriste contre la mosquée de la ville de Québec. Stimulé par son enthousiasme pour Donald Trump, par la venue au Canada de Marine Le Pen et son admiration pour l’armée israélienne, Alexandre Bissonnette, un ultranationaliste, a organisé et exécuté un attentat terroriste à la fin de la prière à la mosquée de Québec, faisant six morts et huit blessés.

Le premier ministre canadien Trudeau a parlé d’« attentat terroriste ». Un courage politique à peu de frais qui fait cependant rêver dans la vieille Europe. Nous constatons la faiblesse des réactions à cette forme de terrorisme de la part des institutions gouvernementales et des grands médias européens. Nous aurions voulu que l’on parle vraiment de Karim Hassane, 41 ans, analyste informatique originaire d’Algérie ; d’Azzedine Soufiane, 57 ans, un épicier d’origine marocaine ; d’Aboubaker Thabti, 44 ans, d’origine tunisienne, qui travaillait dans la pharmacie ; de Mamadou Tanou Barry, 39 ans, comptable ; Ibrahima Barry, 39 ans, employé, tous deux d’origine guinéenne ; et de Khaled Belkacemi, 60 ans, professeur et chercheur à l’Université Laval d’origine algérienne.

Les organisations suivantes, membres d’EJJP (Juifs Européens pour une Paix Juste), s’insurgent contre la sous-estimation volontaire de ces crimes par les grands médias européens, et affirment leur solidarité avec les victimes des politiques xénophobes et des crimes de haine islamophobes. Si l’heure est au passage à l’acte pour les racistes, l’heure est pour nous à la résistance solidaire en Europe comme en Amérique du Nord !

Publié le samedi 4 mars 2017




WE NEED YOU /// Aidez-nous à gagner le prix du public aux MIXITY AWARDS!

Cher.e.s ami.e.s,

Nous vous annoncions, il y a peu, que notre comédie musicale « La Cuisine de Babel » faisait partie des 10 projets présélectionnés dans la catégorie TOF EVENTS des MIXITY AWARDS. A présent nous faisons appel à votre aide pour espérer gagner le « prix du public » dans la même catégorie: « MIXITY TOF EVENTS »

Votez pour nous! 

Soutenez-nous dans cette formidable aventure de création de spectacles que nous espérons d’utilité publique!

L’équipe de l’UPJB




Prix Régine Orfinger-Karlin décerné par la Ligue des Droits de l’Homme

DÉCERNÉ À LA BRUSSELS BOXING ACADEMY. L’UPJB FIGURAIT PARMI LES NOMINÉS.
“Mesdames, Messieurs, chère famille Orfinger, chers amis,

La nomination conférée par une association aussi libre que la Ligue des Droits de l’homme et un Prix qui se réclame du nom de Régine Orfinger sont un grand honneur pour l’UPJB que j’ai le plaisir de représenter ici aujourd’hui.
Cet honneur, qui nous dénie la compétence de juger nos propres mérites, ne nous rappelle pas seulement la gratitude que nous devons au comité de sélection qui a choisi de mettre notre action en lumière aux côtés de 3 autres associations, il nous créé des devoirs envers la vie publique. Celui de conserver le courage de ne jamais faire la paix avec le monde dans lequel nous vivons. Celui d’éprouver ce plaisir tragique à la prise de conscience de notre réalité, fut-elle déplaisante ; celui d’avoir la force d’expérimenter le monde dans le rire, la colère, le combat ; celui de préserver la manière de nous mouvoir en liberté dans ce monde.


Liberté de mouvement, celle-là même de pouvoir partir où l’on veut et condition première à l’action. Cette liberté, qui se réduit partout en ces sombres temps, Régine Orfinger, Maître Orfinger comme l’appellent encore aujourd’hui certains anciens de l’UJPB, avait choisi de la défendre dans l’espace public. Ces enfants, nés en Belgique de parents étrangers, Régine Orfinger les avaient défendus pour qu’ils obtiennent la nationalité belge et ils se rappellent encore avoir dû chanter la Brabançonne pour la mériter. Il faut dire que nous étions alors en pleine guerre froide et Solidarité Juive, dont est issue l’UPJB, était jugée particulièrement subversive. La Sûreté de l’Etat fichait et surveillait ces jeunes qui participaient aux bals du Parti Communiste à la salle de la Madeleine ou aux Manifestations du Premier mai. Des micros ont même été retrouvés dans le bâtiment de l’association, lorsqu’ils furent remis à neuf dans les années 70. Pour ceux que cela intéresse, nous les avons déposés au fond d’archives au Musée Juif de Belgique.


Ce Musée qui se voulait un espace de culture ouvert au monde, accueillant, refusant d’apparaître comme une citadelle protégée par des milices privées, jusqu’aux événements sanglants qui s’y sont déroulés ; ce Musée qui, comme nous, a dû prendre des mesures de sécurité qui nous font froid dans le dos.
La position de la Ligue des Droits de l’Homme sur la question de la sécurité et des moyens à mettre en œuvre pour assurer l’ordre et la tranquillité publique, tout comme ses positions liées aux atteintes à la vie privée, au racisme, aux discriminations, à la défense de la démocratie et des droits fondamentaux ; son inclination fraternelle pour les autres êtres humains, sa solidarité envers les humiliés et les laissés pour compte sont, pour nous, une source d’inspiration qui nous donne l’énergie de rester dans l’agir-ensemble transmis par nos parents, nos grands-parents, nos arrière grands-parents bientôt, plutôt qu’ignorer le monde et son espace public. Et avec le nom Orfinger me vient naturellement à l’esprit le souvenir de son fils Henri, proche de l’UPJB, et qui témoigne aux côtés de sa mère dans la trilogie d’André Dartevelle, A mon père résistant.


A coup sûr, l’UPJB n’a pas été bercée par les honneurs et nous n’avons davantage espéré de confirmation publique mais cette mise à l’honneur en établit le sens et fait entrer notre action dans le récit et le parler-ensemble, celui qui se soucie du monde commun. ”

Téléchargez le document en cliquant ici.




Molenbeek : soutien total à la Voix des Sans-Papiers

Expulsion de la « Voix des sans-papiers » à Molenbeek: droit au logement pour tous, pas d’arrestations massives !

Depuis plus de 2 ans, parce qu’elles sont sans existence « légale » en Belgique, 150 personnes sans-papiers, hommes, femmes et enfants, survivent de manière précaire dans un immeuble du boulevard Léopold II à Molenbeek. D’autres survivent comme eux dans d’autres occupations comme à Saint Josse, ou à Liège. Des milliers d’autres, qui n’ont pas la chance d’être logés, se trouvent dans les rues, dans des squats, à la merci d’arrestation, d’enfermement en centres fermés où règne l’arbitraire, comme le signale l’association « Getting the voice out » 
 
Ils viennent de différents pays qu’ils ont été obligés de quitter, en prenant souvent des risques, pour sauver leur vie et en espérant obtenir une vie meilleure en Belgique. Alors qu’ils ont sollicité une demande de séjour, sur base de l’asile ou d’autres procédures, le gouvernement belge est souvent resté indifférent. 
 
Oubliés par le gouvernement, ils ont décidé de s’organiser pour faire entendre leur voix et leurs revendications. Celles-ci consistent à obtenir le séjour et pouvoir vivre librement et dignement. L’occupation de cet immeuble a permis d’organiser la mobilisation, de rencontrer des citoyens, des associations, des responsables politiques et la presse. Un réseau de solidarité s’est mis peu à peu en place. 
 
L’occupation à Molenbeek s’est déroulée pendant deux ans sans aucun problème ni avec le voisinage, ni avec les autorités communales. Celles-ci faisant preuve de bonne volonté en acceptant l’occupation et en ouvrant aux réfugiés le droit à l’aide médicale urgente. La situation a changé au début du mois de juillet, suite à une expertise qui a déclaré le bâtiment dangereux et insalubre, la commune a alors avisé les occupants de la nécessité de quitter la demeure. 
 
Après deux reports de la mesure, afin de chercher des solutions de relogement, le collège échevinal a donné comme dernier délai la date du 15 septembre, jour où les lieux devront être vidés. Pour les sans-papiers, pas de possibilité de recours par une contre-expertise, qui a cependant établi la non-dangerosité du bâti et la possibilité d’effectuer des réparations nécessaires à moindre coût. Ils n’ont pas d’existence légale, ce qui rend caduque la contre-expertise réalisée par un ingénieur en bâtiment. 
 
Face à cette situation, et dans un contexte tendu où des rumeurs d’évacuation de ces hommes, femmes, enfants, circulent, la FGTB et la CSC, ainsi que de nombreuses associations solidaires (MRAX, SOS Migrants, CRER, etc.), adressent ce message aux autorités communales, régionales et fédérales.

  •  Tout doit être fait aujourd’hui pour assurer le droit au logement de ces personnes sans-papiers et pour leur octroyer une assistance tant en aide sociale que médicale. Les sans-papiers de Molenbeek doivent être relogés et un suivi social doit leur être assuré. La scolarité des enfants ne peut souffrir d’aucun arrêt.
  •  Aucune arrestation de personnes sans-papiers ne doit avoir lieu tant à Molenbeek qu’ailleurs, pour le seul fait de ne pas avoir d’existence administrative. Nous ne tolérerons aucune arrestation massive.
  •  Nous rappelons que nombre de ces personnes sans-papiers sont des travailleuses et travailleurs exploité-e-s dans des situations de travail déshumanisante, bien souvent mises en place par des réseaux mafieux. Nous demandons à ce que les politiques légifèrent face à cette réalité, en vue de régulariser la situation de travail de ces personnes, condition sine qua non de l’égalité des droits entre travailleurs et travailleuses.

FGTB
CSC
SOS Migrants
MRAX
CRER
La Voix des Sans-Papiers
Coordination des Sans-papiers de Belgique




Deux années passées et toujours aucun compte à rendre

AMNESTY INTERNATIONAL

 Le 8 juillet 2016 marque le deuxième anniversaire de l’offensive militaire de 50 jours à Gaza, sous le nom de code « Bordure protectrice ». Ce conflit a causé la mort de 1 462 civils palestiniens à Gaza, dont 551 enfants, et de six civils en Israël. Les infrastructures essentielles et la seule centrale électrique de la bande de Gaza ont été sévèrement endommagées ou détruites.

Les groupes de défense des droits humains ont rapporté que les forces militaires israéliennes et les groupes armés palestiniens ont commis des crimes de guerre et violé le droit international pendant ces hostilités. Aucune des deux parties n’a mené d’enquête crédible et indépendante sur les auteurs. Du côté israelien, les investigations se sont concentrées sur les incidents spécifiques que l’autorité militaire considère comme « exceptionnels ». Seuls trois soldats israéliens ont été inculpés d’infractions pénales pour pillage et entrave à enquête. Du côté du Hamas, à Gaza, l’enquête ne couvre pas les tirs de mortiers et de roquettes non guidés sur des zones civiles en Israël. De plus, les groupes armées liés au Hamas qui ont enlèvé, torturé et exécuté sans procès des Palestiniens de Gaza accusés de « collaborer » avec Israël ne font l’objet d’aucune enquête.

Deux ans après l’opération « Bordure protectrice », les victimes des deux côtés sont donc encore en attente de justice. Appelez toutes les autorités compétentes à coopérer pleinement afin que de véritables enquêtes indépendantes soient menées au sein de l’armée israélienne, du Hamas et du gouvernement palestinien, avec, si nécéssaire, la participation de la Cour pénale internationale.

Signez la pétition en ligne !




Le mois de mai du club

JACQUES SCHIFFMANN

Les livres, nos amis écrivent
Lieux juifs à Anvers et dans le monde

Les livres, nos amis écrivent.

A l’occasion de la parution de son premier roman, « Une année douce », ANNE GRAUWELS s’est entretenue le 12 mai avec Tessa Parzenczewski, chroniqueuse littéraire à « Points critiques ».

Les lecteurs de sa chronique dans Points Critiques, « Humeurs judéo-flamandes », rassemblées et publiées en 2012, savent qu’Anne a une très belle plume, et qu’elle mêle avec bonheur l’analyse caustique et décalée, l’humour et l’autodérision ! On retrouve toutes ces qualités d’écriture dans son roman, où Anne Grauwels nous conte « Une année douce », au plus près de l’intime. Une femme renoue avec son amant et rencontre l’écrivain. Il faut faire vite car on annonce la fin du monde : vivre une histoire d’amour et l’écrire ! Au jour le jour, les relations amoureuses qui se nouent et se dénouent, les questionnements, les failles, et les infimes nuances des sentiments. Style alerte, humour grinçant, autodérision, écriture fluide, tout cela mis en évidence par la lecture par Anne de quelques extraits. Questions réponses dans une ambiance amicale qui ont donné envie aux auditeurs de lire ou relire ce beau livre.

Lieux juifs à Anvers et dans le monde.

Visite le 19 mai de l’Anvers juive, guidée par Amir Haberkorn.
Depuis la splendide gare d’Antwerpen Centraal où il attendait le groupe, Amir nous a fait une intéressante et instructive visite de « son Anvers juive », où il a grandi, milité, travaillé dans le diamant et fréquenté une sympathique petite synagogue qu’il nous a fait visiter ; Véritable encyclopédie, il nous a appris des tas de choses intéressantes sur l’histoire juive d’Anvers, et sur son histoire particulière, avec le moment fort, dans « sa synagogue »

Visite trilingue, en français, en yiddisch et avec les mains ! On comprend mieux à présent comment un juif progressiste radical de gauche comme Amir peut cohabiter avec un juif non croyant, resté très attaché à tout ce qui dans la tradition et la culture juives, le rattache au vécu et aux pratiques de son enfance.

Prolongation festive en soirée de cette sortie anversoise réussie, par un souper typique au restaurant d’Armand Schmidt « Little Ethiopia », dans une ambiance chaleureuse et sympathique. Tous sont partants pour un nouveau périple anversois, avec une visite du musée de la Red Star line, et Amir a déjà accepté de nous guider.

Les Juifs à Cuba, par Armand Schmidt.
Ingénieur de formation et grand voyageur, il a visité plus de 100 pays, après sa conférence sur les juifs d’Ethiopie, Armand nous est revenu le 26 mai pour parler des origines et de l’histoire des Juifs à Cuba, exposé illustré par une projection de nombreuses dias.

Après avoir décrit la géographie, l’urbanisme, l’histoire, la sociologie et les religions de Cuba, Armand a esquissé l’histoire de juifs à Cuba, qui remonte à Christophe Colomb, qui avait emmené des marranes espagnols sur ses 3 bateaux, bien que les conversos étaient interdits dans les possessions espagnoles ailleurs qu’en Jamaique. On trouve aussi des pirates juifs célèbres dans les Caraïbes, se vengeant sans doute ainsi de leur expulsion d’Espagne !

Après la guerre d’indépendance, Cuba se dote en 1902 d’une Constitution libérale, avec séparation de l’église et de l’état. Trois familles de juifs y vivent, les américains, les sépharades venus de l’empire ottoman, et les ashkenazes, en transition souvent vers les Etats Unis. Cuba a été une terre d’accueil des juifs jusqu’en 1933, où apparaîtront des restrictions professionnelles et de conditions de ressources à partir de1940. Cette même année verra arriver beaucoup de diamantaires anversois fuyant après l’invasion allemande.

En 1959, après la révolution castriste, 93% des juifs quitteront Cuba pour des raisons politiques ou économiques. Parmi les 7% restants, certains ont occupé des postes politiques importants.

De 1959 à 1991(fin de l’URSS), période assez difficile et dans un état laïque, qui avait supprimé toute influence religieuse, la vie juive a tourné au ralenti, retrouvant une certaine forme de marranisme. Après 1991, ouverture au tourisme et à quelques réformes que Raul accélèrera en 2006.

Il y a 3 synagogues à La Havane ainsi que des écoles juives. Il n’y a jamais eu d’antisémitisme à Cuba, même en périodes de tension entre Cuba et Israël liées au conflit israélo-palestinien. Pour Castro, avant tout, « Judéos en Cuba son Cubanos », les juifs de Cuba sont Cubains.




Le mois d’avril du club

Le mois d’avril du club

JACQUES SCHIFFMAN

Faits de société, figures politiques, intégration.
Les livres, nos amis écrivent…

Faits de société, figures politiques, intégration.

Jean Lemaître journaliste et écrivain est venu le 14 avril nous parler de son livre : Louis Van Geyt ; La passion du trait d’union. Regards croisés sur le Parti communiste de Belgique (1945-1985). Nous avons eu un survol de l’histoire du parti depuis 1945, en plus des souvenirs personnels de l’ancien président de 1972 à 1988. Triste actualité, Louis Van Geyt, âgé de 87ans et malade, décédait le lendemain de la conférence.

Roger Beeckmans, journaliste d’images et réalisateur à la RTBF, nous est revenu le 21 avril pour présenter son film : « Une année scolaire à l’école primaire n°1 à Schaerbeek »
« Le film est le portrait d’une école primaire rue Josaphat à Schaerbeek, quartier de Bruxelles à forte population allogène : école dite à discrimination positive, épithète aussi injurieuse qu’infâmante et injuste d’école poubelle, qui lui colle à la peau. Elle accueille des enfants venus de vingt-trois pays différents et les enfants Belges se comptent sur le bout des doigts, dont deux de nos petits-enfants. Le directeur est un humaniste. Il mène au quotidien une lutte contre l’exclusion, l’échec et le racisme. Pour lui, l’école a un rôle à jouer dans un milieu multiculturel où les discours identitaires, les replis communautaires et des convictions religieuses illuminées, portent en eux les germes de tous les fanatismes. Le film est surtout un hommage à une équipe d’enseignants motivés, à un directeur, un de ces hommes de bonne volonté que mon métier m’a donné la chance de rencontrer. » (RB)
Le film montre des enfants de tous horizons, heureux dans leur école et qui réussissent ! J’ai écrit mon admiration à ce directeur, que je connaissais, et voici ce qu’il m’a répondu. « J’ai investi 17 années de ma vie dans ce projet d’école adaptée à l’enfant mais ce travail que je croyais développer en toute humilité dans l’ombre a été mis en pleine lumière par Roger Beeckmans, grand-père de deux enfants fréquentant l’école n°1 et séduit par la dimension humaine, pédagogique et philanthropique de ce projet d’établissement scolaire. »

Les livres, nos amis écrivent.

Harry Bleiberg, médecin et chercheur en oncologie, est venu le 28 avril nous parler de son livre « Maman, je ne veux plus être juif  »

où il retrace son histoire d’enfant caché, celle de sa famille avant et pendant la guerre, entre Vienne et Charleroi, sur les routes de l’exode avec sa mère, qui sera courrière dans la résistance, et le destin de son père, de Malines à Auschwitz.
« Ce livre est un roman qui, sur des bribes de mémoire, navigue entre réalité et fiction pour tenter de faire vivre de l’intérieur ce que vivaient les protagonistes. C’est le cri vraisemblable de l’enfant dont l’identité chavire sous la violence du quotidien, les brutalités de la Gestapo, l’obligation de se cacher, l’interdiction de parler sa langue, l’obligation de prier à l’église, de rester seul à attendre le retour de A. (Arthur son père) et de F. (Fela sa mère). Le roman dévoile l’inconnu, démasque les replis de la mémoire. Je devais réinvestir le corps de ceux qui m’étaient chers, les habiter, vivre leur vie, penser leurs souffrances, leurs désirs, leurs incertitudes.….. L’écriture romancée m’a permis de rassembler les morceaux épars, reconstituer les vies silencieuses et, par la magie des mots, recréer des réalités possibles, presque des histoires véridiques (H.Bl.) »

Livre émouvant où l’écrivain s’identifie littéralement à ses personnages dont il revit les parcours croisés, les éclairant de sa vision intime faite de bribes de souvenirs d’enfant et en les insérant par une chronique minutieuse et documentée, dans les évènements du monde en guerre et dans ceux du microcosme de la résistance juive à Charleroi. Si son histoire particulière ressemble à celle de maints auditeurs venus nombreux l’écouter, il a choisi, après des années de silence et à près de 80 ans, de la raconter, d’y mettre ses mots. Cet exposé sous forme d’Interview et d’échanges avec le public, a permis à Harry Bleiberg, en répondant avec sensibilité aux questions, d’éclairer le processus littéraire qui lui a permis « d’habiter ses parents disparus » et ainsi de leur redonner vie.