Projection /// Les escadrons de la mort au Brésil /// en présence de Roger Beeckmans, le réalisateur

Nous connaissons bien Roger Beeckmans, qui a été d’octobre 1956 à janvier 1994 cadreur, directeur photo, journaliste d’images et réalisateur à la RTBF. Depuis 1994 jusqu’aujourd’hui, il est réalisateur indépendant d’une série importante de documentaires. En 1988, il a tourné le 2ème numéro de la série Le chemin des écoliers, reportages avec des enfants en grande difficulté : misère, violence, guerres, manque d’écoles, racisme et sexisme.

Il a rencontré à Recife un jeune homme, Demetrius, éducateur de rue. Il a assisté à une conférence de Monseigneur Helder Camara, la voix des pauvres dans le « Nordeste », la région la plus pauvre et la plus aride du Brésil, une grande partie de cette région rendue stérile (le sertaon) après la culture intensive de la canne à sucre. Les paysans ont quitté ces terres vers les villes côtières avec l’espoir d’y trouver du travail, une vie meilleure, mais ont trouvé une pauvreté plus grande encore et ont vécu, plutôt survécu, dans des bidonvilles (les favellas). Demetrius a tout abandonné pour partager la vie de ces enfants. Il a été victime des violences policières et sa vie a plus d’une fois été mise en danger quand il tentait de dénoncer injustices et violences policières.

Quand le film a été projeté à la RTBF, des Tournaisiens ont voulu l’aider et le soutenir (il venait d’ouvrir une petite maison pour accueillir les enfants vivant dans la rue, mendiants et accros à la drogue (la colle) et l’alcool. En 2000, Demetrius, venant d’échapper à deux tentatives d’assassinat a demandé à Roger de tourner un deuxième film : Des vies sans importance, à la fois pour se protéger et pour dénoncer les crimes commis par des « escadrons de la mort » vis-à-vis de ces enfants. Roger n’a pas hésité un seul moment et est parti sans tarder. Il raconte ceci dans le prologue du 2ème film avec des images de la fin du premier où Demetrius, parti une nuit à la recherche d’un enfant, le retrouve, ivre, dormant sur des cartons dans une rue de Recife.