Le mois de mai du club

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JACQUES SCHIFFMANN

Les livres, nos amis écrivent
Lieux juifs à Anvers et dans le monde

Les livres, nos amis écrivent.

A l’occasion de la parution de son premier roman, « Une année douce », ANNE GRAUWELS s’est entretenue le 12 mai avec Tessa Parzenczewski, chroniqueuse littéraire à « Points critiques ».

Les lecteurs de sa chronique dans Points Critiques, « Humeurs judéo-flamandes », rassemblées et publiées en 2012, savent qu’Anne a une très belle plume, et qu’elle mêle avec bonheur l’analyse caustique et décalée, l’humour et l’autodérision ! On retrouve toutes ces qualités d’écriture dans son roman, où Anne Grauwels nous conte « Une année douce », au plus près de l’intime. Une femme renoue avec son amant et rencontre l’écrivain. Il faut faire vite car on annonce la fin du monde : vivre une histoire d’amour et l’écrire ! Au jour le jour, les relations amoureuses qui se nouent et se dénouent, les questionnements, les failles, et les infimes nuances des sentiments. Style alerte, humour grinçant, autodérision, écriture fluide, tout cela mis en évidence par la lecture par Anne de quelques extraits. Questions réponses dans une ambiance amicale qui ont donné envie aux auditeurs de lire ou relire ce beau livre.

Lieux juifs à Anvers et dans le monde.

Visite le 19 mai de l’Anvers juive, guidée par Amir Haberkorn.
Depuis la splendide gare d’Antwerpen Centraal où il attendait le groupe, Amir nous a fait une intéressante et instructive visite de « son Anvers juive », où il a grandi, milité, travaillé dans le diamant et fréquenté une sympathique petite synagogue qu’il nous a fait visiter ; Véritable encyclopédie, il nous a appris des tas de choses intéressantes sur l’histoire juive d’Anvers, et sur son histoire particulière, avec le moment fort, dans « sa synagogue »

Visite trilingue, en français, en yiddisch et avec les mains ! On comprend mieux à présent comment un juif progressiste radical de gauche comme Amir peut cohabiter avec un juif non croyant, resté très attaché à tout ce qui dans la tradition et la culture juives, le rattache au vécu et aux pratiques de son enfance.

Prolongation festive en soirée de cette sortie anversoise réussie, par un souper typique au restaurant d’Armand Schmidt « Little Ethiopia », dans une ambiance chaleureuse et sympathique. Tous sont partants pour un nouveau périple anversois, avec une visite du musée de la Red Star line, et Amir a déjà accepté de nous guider.

Les Juifs à Cuba, par Armand Schmidt.
Ingénieur de formation et grand voyageur, il a visité plus de 100 pays, après sa conférence sur les juifs d’Ethiopie, Armand nous est revenu le 26 mai pour parler des origines et de l’histoire des Juifs à Cuba, exposé illustré par une projection de nombreuses dias.

Après avoir décrit la géographie, l’urbanisme, l’histoire, la sociologie et les religions de Cuba, Armand a esquissé l’histoire de juifs à Cuba, qui remonte à Christophe Colomb, qui avait emmené des marranes espagnols sur ses 3 bateaux, bien que les conversos étaient interdits dans les possessions espagnoles ailleurs qu’en Jamaique. On trouve aussi des pirates juifs célèbres dans les Caraïbes, se vengeant sans doute ainsi de leur expulsion d’Espagne !

Après la guerre d’indépendance, Cuba se dote en 1902 d’une Constitution libérale, avec séparation de l’église et de l’état. Trois familles de juifs y vivent, les américains, les sépharades venus de l’empire ottoman, et les ashkenazes, en transition souvent vers les Etats Unis. Cuba a été une terre d’accueil des juifs jusqu’en 1933, où apparaîtront des restrictions professionnelles et de conditions de ressources à partir de1940. Cette même année verra arriver beaucoup de diamantaires anversois fuyant après l’invasion allemande.

En 1959, après la révolution castriste, 93% des juifs quitteront Cuba pour des raisons politiques ou économiques. Parmi les 7% restants, certains ont occupé des postes politiques importants.

De 1959 à 1991(fin de l’URSS), période assez difficile et dans un état laïque, qui avait supprimé toute influence religieuse, la vie juive a tourné au ralenti, retrouvant une certaine forme de marranisme. Après 1991, ouverture au tourisme et à quelques réformes que Raul accélèrera en 2006.

Il y a 3 synagogues à La Havane ainsi que des écoles juives. Il n’y a jamais eu d’antisémitisme à Cuba, même en périodes de tension entre Cuba et Israël liées au conflit israélo-palestinien. Pour Castro, avant tout, « Judéos en Cuba son Cubanos », les juifs de Cuba sont Cubains.