Mois chargé

Le camp de Carnaval a ceci de bien qu’il ne faut attendre qu’une semaine avant de tous nous retrouver le samedi. Mais les vacances de Pâques arrivent à grands pas, un petit mois seulement les séparent du retour du camp d’hiver. Un mois c’est quatre semaines donc quatre samedi et pas le temps de s’embêter.

Paru dans le Points Critiques de mai 2016

SAMEDI 20 FEVRIER

Les moniteurs et moi-même avons rendez-vous au Pianofabriek avec la troupe de théâtre Ras El Hanout dans le cadre de leur ateliers «  Presqu’impro  ». Le principe est simple : comédiens ama-teurs, ils entreprennent de rencontrer diverses associations, généralement issues d’autres communautés. A l’issue de la rencontre, ils proposent un spectacle «  presqu’improvisé  » avec, pour trame, les choses dites pendant la rencontre. Les membres de la troupe étaient déjà venus voir notre pièce, La Cuisine de Babel. Mais ce matin, c’est avec les moniteurs de l’UPJB-Jeunes qu’ils ont rendez-vous. Pendant une heure, nous discutons. Avec eux, nous essayons de trouver les réponses aux questions qu’ils nous posent. Qu’est-ce que l’UPJB ? Qu’est-ce que c’est qu’être juif ? Qu’est ce que c’est qu’être juif à l’UPJB ? Ou même, comment peut-on être dans mouvement juif sans être juif soi-même ? Après cette heure d’échanges, nous sommes invités à revenir dans la soirée, assister au résultat de leur journée de travail lors d’une représentation.
Dans l’après-midi, nous accueillons Jamal Zakari dans nos locaux. Il est un représentant du Front Polisario à Bruxelles et il est là pour présenter aux trois groupes des plus grands, les Zola, les Korczak et les Marek, la lutte pacifique du peuple sahraoui pour son indépendance et sa souveraineté. Après une brève introduction de monsieur Zakari, nous regardons un reportage. A la fin de la séance, on dispose les chaises en rond, les enfants prennent leur goûter, posent des questions et discutent avec Jamal Zakari. Les ados semblent très intéressés par un conflit dont ils n’ont, pour la plupart, jamais entendu parler, et par la manière dont Jamal Zakari l’expose, lui-même Sahraoui en exil, et qui ne cesse d’insister sur la volonté de son peuple de résoudre la question de manière pacifique, malgré la colère et les frustrations. Un intérêt que semble apprécier tout particulièrement Jamal Zakari, content de pouvoir exposer son combat à des oreilles nouvelles et surtout très jeunes. Un échange plein d’enseignements donc, mais aussi très chaleureux.

Le soir venu, l’ «  équipe moniteur  » et moi-même, nous nous rendons au Pianofabriek, afin d’assister au résultat de notre rencontre avec Ras El Hanout. A la fin du spectacle et des interventions du public, il reste des incompréhensions manifestes. Sur ce que les membres de la troupe ont compris de nous, sur ce que nous avons compris du spectacle. Mais il y a surtout, d’un côté comme de l’autre, la volonté de se rencontrer à nouveau dans le but de les combler, par la discussion et le théâtre.
La semaine suivante, le mouvement de l’UPJB-Jeunes décide de répondre à l’appel des moins jeunes à participer à la grande marche européenne en faveur d’une autre politique d’accueil des réfugiés. Nous marchons ensemble derrière le calicot de l’UPJB, chantant des slogans sous le soleil. Une fois la marche terminée, nous rejoignons le local et nous discutons de la manifestation, son but et les raisons qui nous ont poussés à vouloir y aller, en tant que membres de l’UPJB-Jeunes. Enfin, les plus sportifs vont profiter des derniers rayons de soleil pour taper le ballon, tandis que les autres restent pour un grand quizz musical, qui d’ailleurs se révèle lui-même plutôt sportif.

SAMEDI 19 MARS

Le dernier avant les vacances de printemps. Après discussion au sein de l’équipe mono afin de savoir s’il convient de célébrer des fêtes religieuses à l’UPJB («  mais ça c’est pas religieux, c’est culturel, c’est la tradition…  »), il a été décidé de profiter de l’occasion pour fêter Pourim, qui tombe le jeudi d’après. Enfin, pas question ici de «  cérémonies religieuses qui n’en finissent pas  ». C’est un Pourim à la sauce UPJB-Jeunes. Direction le Bois de la Cambre, où les enfants, déguisés pour l’occasion, divisés en petites équipes, doivent, à l’aide d’épreuves, récolter des indices pour découvrir qui, parmi les «  villageois  », est Aman. A l’image de ce qui se fait durant les camps de Carnaval et d’été, c’est un grand jeu inter-groupe. Une fois celui-ci terminé, les enfants rentrent au local pour manger les traditionnelles «  oreille d’Aman  », faites maison. Après c’est les vacances de Pâques, trois samedis sans UPJB. Mais on se retrouve ensuite pour la reprise et, en ligne de mire, et qui ne saurait se faire prier longtemps, le camp d’été…

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