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La vidéo du Grand Bal Yiddish 2017!

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[Rencontre] Jean-Christophe ATTIAS, un « juif de mauvaise foi »

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Rencontre avec JEAN-CHRISTOPHE ATTIAS autour de son livre « Un juif de mauvaise foi »

Introduction: Henri Wajnblum

A vingt ans, Jean-Christophe Attias, né d’une mère catholique et d’un père juif, tranche le débat intérieur qui l’agite depuis l’enfance et se convertit au judaïsme orthodoxe. Quatre décennies plus tard, il revient sur cet itinéraire. Sur ce qui s’est passé jusqu’à ce choix et après. Il est toujours juif, certes. Mais un juif « de mauvaise foi » qui, après avoir goûté les joies d’une pratique rigoriste, savoure celles de la transgression.

 Jean-Christophe Attias est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, titulaire de la chaire « Pensée juive médiévale ». Il est l’auteur de nombreux essais concernant le judaïsme et lauréat du prix Goncourt de la biographie pour son « Moïse fragile »

A écouter sur AKADEM: http://www.akadem.org/magazine/2016-2011/un-juif-de-mauvaise-foi-avec-jean-christophe-attias-05-09-2017-93748_4688.php

[Colloque international]: « 1917-2017 : Espoirs, utopies et héritages de la Révolution russe »

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Dans le cadre de la commémoration en Belgique de la Révolution russe de 1917, le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches présente: « 1917-2017 : Espoirs, utopies et héritages de la Révolution russe« 

« La Révolution d’Octobre 1917, en rupture non seulement avec le tsarisme, la guerre, mais également avec la société bourgeoise libérale, a charrié d’immenses espoirs de transformation sociale en Russie. À des degrés divers, cette révolution a posé la question du pouvoir populaire (à travers les soviets, le contrôle ouvrier des entreprises), de la décolonisation, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la propriété privée (notamment de la terre), des droits et libertés des individus (divorce, avortement, homosexualité) et elle a vu naître toute une série d’expérimentations de « vie nouvelle » dans différentes sphères de la vie sociale (éducation, art, architecture, cinéma, urbanisme, etc.). Renversant l’ordre établi dans l’un des plus grands Etats du monde à une époque particulièrement troublée de l’histoire, elle a eu -comme la Révolution française en son temps- des échos et répercussions bien au-delà de son aire géographique propre. Son influence fut incontestablement mondiale. Par peur de sa contagion, les grandes puissances se liguèrent pour tenter de l’écraser. Quoi qu’il en soit, elle a rapidement glissé vers un système politique ultra-autoritaire, la liquidation du pluralisme politique et la mise hors la loi de tous les courants en dehors du parti bolchevik et finalement un monolithisme idéologique reposant sur la répression policière de tous les dissidents. La voie était dès lors ouverte au despotisme stalinien.

Depuis maintenant un siècle, elle déchaîne les passions dans les sens les plus opposés, de sa glorification comme « événement sacré » ouvrant la voie de la rédemption de l’humanité jusqu’à sa diabolisation en tant que « Mal absolu ». Dans ce cadre très polarisé -derrière lequel se cachent de multiples enjeux politiques, économiques et sociaux- les visions historiques non-idéalisées et intelligemment critiques de la Révolution russe trouvent difficilement leur voie.

Ce colloque se propose d’analyser et d’évaluer son influence sur les mouvements sociaux, anticoloniaux et révolutionnaires du XXème siècle, ainsi que certaines expérimentations nées de la Révolution russe elle-même. Il réunira d’éminents spécialistes internationaux qui traiteront de thématiques diverses autour des « Espoirs, utopies et héritages » de la Révolution russe, considérée avant tout – en dépit de toutes les mystifications- comme un immense mouvement social porteur de changements. »

Dans le cadre et autour du colloque, la Maison du Livre de Saint-Gilles organise du 25 octobre au 4 novembre un « Parcours dans l’univers artistique de la révolution d’octobre« , avec une exposition Octobre 1917, l’art s’engage (vernissage le 25 octobre  avec une introduction par Paul Aron et une visite commentée par le commissaire de l’exposition Patrick Moens), une soirée Maïakovski (le vendredi 27 octobre à 20h) et une soirée sur La révolution artistique et littéraire de 1917( samedi 4 novembre à 19h).

PROGRAMME DU COLLOQUE: version téléchargeable en pdf

INFORMATIONS PRATIQUES ET INSCRIPTIONS

  • Lieu : Maison du Peuple de Saint-Gilles, Parvis de Saint-Gilles, 1060 Bruxelles. Plan ici. Accès : A dix minutes à pied de la Gare du Midi –  STIB : Tram 3, 4 ou 51 Station Parvis de Saint-Gilles – Métro lignes 2 et 6 – Station Porte de Hall – Bus 48 – Arrêt Parvis de Saint-Gilles.
  • Participation aux frais : Séance d’ouverture (jeudi) : 5 euros (prix unique) ; par jour (vendredi ou samedi) : 10 euros – 5 euros (étudiants-chômeurs) ; Pass pour les 3 jours (uniquement en prévente !!) : 15 euros.
  • Préventes : verser la somme (en indiquant en communication : Nom, Prénom, jour(s) de participation) sur le compte BE44 3630 6368 1045 au nom de « Colloque 1917-2017 » ;
  • E-mail : colloque1917@gmail.com ; Tel : 0032(2)650.33.86
  • Facebook : https://www.facebook.com/events/1839907326266827/
  • Vente de sandwichs et boissons sur place à midi ;
  • Tables de presse.
  • Traduction simultanée assurée (Français-Anglais).

 COLLOQUE ORGANISE PAR :

Carcob – Centre des Archives du Communisme en Belgique

Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches(ULB)

Formation Léon Lesoil

Institut Marcel Liebman

D’autres évènements s’inscrivent dans le cadre de cette commémoration en Belgique de la Révolution de 1917:

  1. La Cinematek de Bruxelles organise jusqu’au 27 novembre une rétrospective du cinéma soviétique
  2. Jeudi du Marxisme – « Révolution Russe: histoire ou actualité ? », le jeudi 19 octobre 2017 à 19h30 au Pianofabriek, rue du   Fort 35,1060-Bruxelles
  3. « La révolution d’octobre et l’émancipation des femmes », le samedi 28 octobre à 15h au Ploef, organisé par le PAC 1090.
  4. L’UPJB présente le vendredi 3 novembre à 20h15 le film La Commissaire d’Aleksandr Askolkov (1967)
  5. Le Parti communiste de Liège, avec l’Association Culturelle Joseph Jacquemotte, organise un événement en deux parties (la première historique, la deuxième faisant le lien avec les luttes actuelles) intitulé « 1917-2017. De la Révolution d’Octobre aux luttes actuelles » (samedi 4 novembre de 14 à 19h à la Salle Académique de l’Université de Liège).Infos:  info1917@particommuniste.be
  6. Le PTB, section « Culture » de Bruxelles, organise le samedi 4 novembre à 19h30 (Bd Lemonnier 171- 1000 Bxl), une soirée poétique et musicale En pleine voix Vladimir Maïakovski
  7. Les 21 et 22 octobre 2017, le PSL (Parti socialiste de lutte) organise un week-end de discussion sur la Révolution de 1917 :
  8. Les Amis de la morale laïque de Molenbeek, mardi 7 novembre, soirée-débat: « 10 jours qui ébranlèrent le monde », 19 heures, château du Karreveld.

[Théâtre] Clara Haskil Prélude et fugue

Clara Haskil - Remerciements à Verena Monnier. Fonds d'archives Clara Haskil. BCU, Lausanne
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La petite Clara naît à Bucarest en 1895 dans une famille juive. Elle ne sait pas encore écrire que, déjà, elle reproduit à l’oreille les mélodies qu’elle entend. A sept ans, séparée de sa mère et de ses soeurs, elle part étudier le piano àVienne. Quand la jeune femme joue à Lausanne, Bruxelles ou Londres, le public se lève, les orchestres applaudissent, les chefs s’inclinent. Pourtant quelque chose ne fonctionne pas. Aucun agent ne mise sur la pianiste trop modeste, au trac maladif, et à la santé fragile. Paris l’ignore, deux conflits mondiaux feront le reste. Malgré son talent unique, Clara Haskil mettra une vie entière avant d’atteindre enfin, en 1950, une notoriété et un succès mondial. Elle décède à Bruxelles, dix ans plus tard. Clara Haskil, prélude et fugue est l’histoire de sa vie.

Texte / mise en scène: Serge Kribus

Avec Anaïs Marty

Création du rideau: Max Lapiower


 

Du 8 au 25 novembre 2017

Théâtre Blocry/ Louvain-La-Neuve

  • Du mardi au samedi 20h30
  • Dimanche 12 novembre 16h
  • Les jeudis 19h30

Réservations: 

Tarif préférentiel pour les Membres UPJB!

  • 20€ au lieu de 22€
  • 18€ pour les groupes (à partir de 10 personnes)
  • 20€ pour les moins de 30 ans et plus de 60 ans.
  • 10€ pour les étudiants, demandeurs d’emplois et handicapés.

Plus d’infos? www.atjv.be/Clara-Haskil

[Soirée] Couscous sépharabe #3

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Suite au succès des deux premières éditions, l’équipe de la Tricoterie souhaitait relancer une soirée Couscous sépharabe ce semestre : rendez-vous le 27 novembre !

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Les rapports entre les communautés juives et arabes sont souvent instrumentalisés ou caricaturés. Les clichés sont légion. Le conflit israélo-palestinien s’est imposé partout, opposant même des personnes qui ne désiraient pas y prendre part. Pourtant, les Juifs sépharades, par exemple, ont des recettes et des coutumes qui rappellent étrangement celles de leur voisin du monde arabe…

Et si, l’espace d’un repas, on tentait de voir tout ce qui rapproche les Juifs des Arabes ? Ou si, tout simplement, on s’asseyait à table pour partager un repas ?

Venez tenter ce pari autour d’un bon couscous, mitonné par une équipe de chefs issue des deux communautés… Un groupe de musique live sera également présent pour enchanter la soirée et d’autres surprises seront organisées !

Cette initiative est ouverte à tous les curieux, de tous bords, à tous les partisans de la paix et de la bonne bouffe !

Un projet mis en place grâce à l’aide de la cellule Promotion de Bruxelles de la Fédération Wallonie- Bruxelles.

Date et horaire : 27.11 à 19H
Salle : Salle des Arches
Tarifs : 12€/adulte – 8€/enfant
Réservations : reservations@tricoterie.be

 Plus d’infos? http://www.tricoterie.be/Couscous-sepharabe-3

[Exposition] Solange Knopf à la Galerie d’YS

© Solange Knopf
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Galerie d’YS et Yolande De Bontridder vous invitent à l’exposition de The Galerie d’YS Solange KNOPF oeuvres sur papier  

Solange Knopf, est née à Bruxelles en 1957, Solange Knopf vit et travaille à Spa (Belgique). Ses oeuvres font partie de plusieurs musées aux Etats-Unis et en Belgique, et de diverses collections en Belgique, France, Suisse et Etats-Unis, dont la Menil Collection, à Houston. Elle expose régulièrement dans des galeries et des foires en France, en Belgique et aux Etats-Unis depuis 2003. Marquée par des voyages qui ont été autant d’expériences spirituelles, elle a poursuivi l’exploration de son monde intérieur par le dessin. Ses dessins sont des labyrinthes dans lesquels elle nous guide sans connaître elle-même le chemin vers la sortie. Seul compte le cheminement.

Vernissage/Opening Di/Su 08.10.2017, 13h > 17h Exposition/Exhibition 08.10 – 29.10.2017

Du jeudi au samedi de 14h à 18h, le dimanche de 13h à 16h, ou sur rendez-vous 

Plus d’infos? http://www.galeriedys.com/

[Concert] « Chansons en scène » – Gérard Weissenstein & Pascal Chardome

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Vous l’avez entendu chanter au cabaret de l’UPJB et vous en voulez plus?

Gérard sera à l’Atelier Marcel Hastir le 10 novembre prochain!

Pendant plus de trois ans, Gérard Weissenstein (chant) et Pascal Chardome (piano et guitare) ont  présenté un répertoire consacré à Léo Ferré. Avec une quarantaine de représentations, « Autour de Léo » est passé par Bruxelles (avec une halte à l’Atelier Marcel Hastir) et la Wallonie, par la France et l’Allemagne.

Aujourd’hui, à l’Atelier Marcel Hastir, avec cette première de Chansons en scène, ils élargissent leur propos…  Voici un voyage passion- tout en méandres, en découvertes et redécouvertes – à travers la chanson française à texte, la chanson-poésie, la chanson-émotion. Un peu de Nougaro, quelques perles de Gainsbourg, une séquence Ferré-Aragon, Claude Semal, le trop peu connu Gilbert Lafaille, une escapade vers la chanson anglo-saxonne avec une adaptation de Marianne Faithfull, des créations signées Pascal Chardome et Gérard Weissentein. Et puis, cerise sur le gâteau, une version allemande d’Avec le Temps… Doch mit der Zeit.

Plus d’infos? http://ateliermarcelhastir.eu/agenda/chansons-scene-gerard-weissenstein-chansons-pascal-chardome-piano-guitare/

[Exposition ] Bruxelles : Terre d’Accueil ? au Musée Juif de Belgique

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Plus de 180 nationalités se côtoient aujourd’hui à Bruxelles. Au-delà des chiffres, chacun de ces émigrés a son histoire, son parcours, ses espoirs.

Depuis 1830, différentes vagues d’émigration se sont succédé. Pourquoi ces femmes et ces hommes ont-ils quitté leur pays ? Bruxelles a-t-elle été, pour eux, une terre d’accueil ?

Cette exposition raconte comment la capitale belge s’est peu à peu transformée en « ville-monde ». Elle retrace sur près de deux siècles le parcours de ces étrangers installés à Bruxelles pour quelques mois ou pour toujours, à travers les objets qu’ils ont emportés avec eux, leurs témoignages personnels ou leurs photographies de famille.

Outre ce volet historique, « Bruxelles, terre d’accueil ? » présente le travail de Kika Nicolela, Thomas Israël, DK Ange, Nadia Berriche, Thomas Marchal, Christopher de Béthune, le collectif Farm Prof, In Your Box Project, Ilyas Essadek et Herman Bertiau, artistes basés à Bruxelles (photographes, street artists, sculpteurs, vidéastes) qui abordent la question migratoire et la diversité culturelle dans le Bruxelles d’aujourd’hui.

Des projections de films, des performances artistiques participatives, des conférences et des ateliers ponctueront cette exposition organisée par le Musée Juif de Belgique et les Archives de l’Etat et qui a bénéficié du concours du Centre de la Culture Judéo-Marocaine. Elle sera accompagnée d’un numéro spécial de l’Agenda Interculturel réalisé par le Centre Bruxellois d’Action Interculturelle. Cette exposition est trilingue : français, néerlandais et anglais.

Infos pratiques :

  • Vernissage le jeudi 12 octobre
  • Quand ?: Du 13 octobre 2017 au 11 mars 2018
  • PAF : Entrée à 10 euros (tarif réduit 7 euros)
  • Où ? : au Musée Juif de Belgique, 21 rue des Minimes, 1000 Bruxelles
  • Heures d’ouverture : du mardi au vendredi de 10h à 17h et le samedi et dimanche de 10h à 18h

[Publication] Enseigner la philosophie et la citoyenneté, à partir d’ateliers créatifs de Catherine Buhbinder 

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Parution du livre de Catherine Buhbinder, enseignante

Bonjour,

 J’ai le grand plaisir de vous annoncer la sortie prochaine de mon livre « Enseigner la philosophie et la citoyenneté, à partir d’ateliers créatifs », aux éditions Chronique sociale. Je le présenterai à l’occasion d’une conférence que je donnerai au Salon de l’éducation de Charleroi, le dimanche 22 octobre, à 16h (Charleroi expo, Av. de l’Europe 21).
Ce livre est, pour moi, l’occasion de lancer un cri d’alarme concernant les effets que suscite le démarrage des cours de philosophie et de citoyenneté « version hybride » dans les écoles publiques francophones. Nos responsables politiques n’ont pas réussi à trancher entre supprimer les cours de religion obligatoires dans les écoles (avec éventuellement l’organisation de cours facultatifs) et maintenir la logique désuète du Pacte scolaire. En catastrophe, ils ont créé le cours de Rien, puis la solution schizophrénique du 1h+1h. Alors que nous accumulons les difficultés tant organisationnelles que pédagogiques, une inacceptable pagaille s’est installée dans nos têtes et nos écoles. Et, nous nous engageons dans une stratégie du pourrissement !
Les cours de philosophie et de citoyenneté s’enracinent, malheureusement, dans un malentendu, un déni. Celui du cours de morale considéré comme « engagé » par la Cour constitutionnelle du 15 mars 2015. Celle-ci a énoncé son verdict sur base du fait que dans la Belgique pluraliste, la laïcité est reconnue et subsidiée au même titre que les religions. Le cours de morale se réclamant de l’esprit de la « Libre pensée » ne peut donc offrir de garanties de neutralité. Or, déjà sur le plan du statut, ce jugement ne tient pas la route. Contrairement à son homologue flamand, le Centre d’Action laïque francophone a toujours refusé de jouer le rôle de pouvoir organisateur du cours de morale. Les professeurs de morale avaient le même statut que n’importe quel professeur de cours général, en terme d’engagement et d’inspection, et le programme de morale était également reconnu par la Communauté Française. Ce qui n’est absolument pas le cas des professeurs de religion. Mais, de toute façon, si la Cour constitutionnelle a dénoncé l’ambiguïté du statut du cours de morale, elle n’a pas posé de jugement quant à son contenu. Pourtant, le mal était fait : la laïcité était assimilée à une religion ; les professeurs de religion étaient mis sur le même pied que les professeurs de morale ; il n’était plus été possible de distinguer un cours où l’on apprend à penser à travers la pensée de quelqu’un ou quelque chose d’autre (un livre, une Eglise, des commentateurs,…), d’un cours où l’on apprend à « penser par soi-même » !
Le véritable enjeu de toute cette saga était la sortie du Pacte scolaire, symbole du pluralisme à la belge. La logique des cours de religion « obligatoires » dans les écoles publiques est surtout identificatoire. Elle sépare les élèves et propose une vision caduque du religieux (pas de passage, pas de syncrétisme, pas d’esprit de recherche individuelle,…). De plus, eu égard au principe de liberté religieuse, l’Etat n’a aucun pouvoir de contrôle sur ce qui s’y dit. Et, l’école publique ne peut prévenir le fanatisme qui couve parfois en son sein et en son nom. Enfin, le pluralisme belge que nous sommes sensés incarner, chacun dans nos cours séparés, est une fiction qu’il est impossible à mettre en scène. Beaucoup plus intéressante et légitime à l’école, est l’idée d’organiser des cours sur les religions, par des personnes formées en science des religions et à destination de tous les élèves. Nous n’avons pas été à la hauteur de cet enjeu.
L’autre véritable enjeu était la création d’un cours de philosophie et de citoyenneté pour tous. Qu’y mettra-t-on ? Jusqu’où irons nous dans la liberté de penser ? C’est ici que le déni du cours de morale comme précurseur de ce nouveau cours, pourrait bien être fatidique. Si le cours de morale est condamné comme « doctrinal », que sera le nouveau cours « neutre » ? J’admets que l’intitulé « morale » pouvait faire croire que nous « moralisions » nos élèves. J’ai compris, avec les années, qu’« inculquer une morale » est un contresens philosophique. Ce n’est qu’en apprenant aux élèves à penser, que l’on peut empêcher le mal ! C’est La posture philosophique ; elle est, par principe, allergique à toute forme d’endoctrinement. Mais faut-il, aller encore plus loin et, au nom de la neutralité, mettre en cause le contenu même de notre cours ? Le Décret neutralité de 1994 énonce quand même l’interdiction de « privilégier une doctrine relative à ces valeurs ». Qu’est-ce qu’une doctrine ? Faudra-t-il condamner le module « Qu’est-ce que l’homme ? », de notre programme de morale de 4ème, comme étant un parti pris doctrinal ? Dans ce cours, on développe, en effet, la thèse de l’évolution, on fonde l’anti-antiracisme,  on interroge l’origine animale de l’homme, on met en évidence le rapport nature/culture, on s’appuie sur l’anthropologie, etc. Est-ce ce savoir fondamental et fondateur du cours de morale qui est désormais interdit, dans les écoles publiques, au nom de la neutralité ? Et en effet, je constate qu’il n’en est plus du tout question dans le nouveau programme qui nous enjoint plutôt d’examiner : « La diversité des discours sur le monde » (UAA 2.2.1.). Qu’y faire d’autre que mettre en parallèle le discours religieux, mythique, et le discours scientifique ?
Je nourris bien des doutes également sur la notion de « citoyenneté ». Si elle rassemble, très justement, toutes les tentatives d’éducation au « vivre ensemble », c’est aussi une notion très à la mode, qui risque d’être bien édulcorée si on n’aborde pas les questions de fond. Et, celles-ci trouvent difficilement leur place dans le nouveau programme, devenu très « technique ». Nous en avons fini avec ces grandes interrogations qui nous tenaient en haleine au cours de morale, sur la Vérité, le Sens, l’Homme, la Société, le Monde…. On y aborde désormais des questions très concrètes comme la bioéthique, l’environnement, le pouvoir des sciences, etc.
Quant à l’enseignement de la philosophie, j’ai bien peur, une fois de plus, qu’on ne la réduise à une méthodologie. Si nous voulons un vrai cours de philosophie pour tous les élèves belges, il faut savoir que la philosophie est fondamentalement ardue et prend du temps (Plus que des périodes de 50 minutes), qu’elle exige des enseignants formés et passionnés (Plus que 180h en guise de reconversion professionnelle), et qu’elle est fondamentalement subversive ! L’enseignement de la philosophie impose un décentrement qui est peu commun à l’école. Elle suppose que l’on reconnaisse en l’élève un être de désir et d’intelligence. Plutôt que de penser en terme de « transmission », le professeur doit orienter le travail de l’élève, sur lui-même, sur l’écoute des autres, et sur l’expérimentation de la pensée.
J’ai commencé mon livre pour comprendre les difficultés dans lesquelles je me débattais en tant que professeur de morale : l’ambiguïté du statut de mon cours les problèmes de crédibilité qui en découlent, la question de l’autorité et du cadre scolaire, les spécificité d’un enseignement de la philosophie. C’est en écrivant que j’ai théorisé, et en théorisant que j’ai trouvé des solutions pédagogiques. J’ai nourri ma réflexion par de nombreux stages qui m’ont fait découvrir la pédagogie institutionnelle avec la CGE (Changement pour l’Egalité), la pédagogie nouvelle avec Michel et Odette Neumayer et le GFEN (Groupe français d’éducation nouvelle), et tout le travail autour des ateliers philo ou de la philosophie avec les enfants. C’est ainsi que j’ai développé une vision et des exigences très personnelles de l’enseignement de la morale. Lorsque j’ai été rattrapée par l’actualité et que mon cours a été mis sur la sellette, j’étais prête pour proposer le bilan de cette expérience et me positionner par rapport au nouveau cours, à son contenu et ses méthodes. C’est le travail que je propose ici, ainsi qu’un véritable « manuel » fondé sur des ateliers créatifs et illustré par des travaux de mes élèves.
Ainsi, mon livre est aussi un sursaut de dignité professionnelle par rapport à  toute cette logique qui nous a dépossédé de notre expertise, et pousse l’humiliation jusqu’à nous obliger à retourner à l’école pour apprendre notre métier !
Au plaisir de vous y retrouver,
Catherine Buhbinder

[Rencontre] Le photographe Gaël TURINE « Les murs et la peur »

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© Gaël Turine

Conférence illustrée de GAËL TURINE sur son travail photographique autour de deux murs de séparation méconnus et qui, pourtant se caractérisent par des chiffres tristement invraisemblables. Les murs indiens et péruviens seront au centre de cette conférence qui abordera les approches personnelles, journalistiques et photographiques de Gaël Turine.

Gaël TURINE est l’auteur de plusieurs monographies, notamment « Aveuglément » sur les coopératives d’aveugles en Afrique de l’Ouest, « Avoir 20 ans à Kaboul », « Le mur et la peur » qui dénonce le mur érigé entre l’Inde et le Bangladesh et dont on a pu voir les photos au Botanique et dernièrement, en collaboration avec Laurent Gaudé « En bas la ville », consacré à Haïti.

Présentation: Judith LACHTERMAN

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