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Tisser des solidarités dans une société toujours plus sexiste et raciste.

semaine d'étude vie féminine
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C’est sous ce titre que Vie Féminine a organisé une semaine d’étude début juillet à Namur.

Des conférences, des forums, des projections de films et des ateliers ont été organisés pour traiter du racisme, du sexisme et de la précarité, aujourd’hui dans nos sociétés.

L’UPJB a été contactée pour animer un atelier dans le but de présenter ses engagements et parler de l’antisémitisme.

Il m’a été proposé d’assumer cette animation et je l’ai accepté sans hésiter puisque j’ai beaucoup de sympathie pour ce mouvement féministe et populaire.

Après avoir consulté plusieurs membres de l’UPJB qui m’ont aidé à situer l’organisation sur le plan historique, sur ses engagements et actions, et relu quelques pages sur l’antisémitisme (pour ne pas dire n’importe quoi), j’ai pris le train pour Namur avec brochures et Points Critiques dans mon sac.

Les vingt ateliers simultanés ont lieu dans des classes de l’école où se tient la semaine d’étude. Ils représentent pour la plupart des associations de lutte contre le racisme, la xénophobie et l’islamophobie. J’ai présenté sur base de mes notes, entourée par une dizaine de femmes, un survol de l’histoire de l’UPJB et de ses divers engagements. Pour ce qui est de l’antisémitisme, je me suis orientée avec quelques points de repère : le peuple déicide, le Protocole des sages de Sion, le négationnisme, la distinction Israël/Juifs, le sionisme.   « Etre juif après Gaza » d’Esther Benbassa et « Figures de l’antisémitisme » de Marcel Liebman m’ont servi de référence.

Les échanges qui ont suivis ont témoigné sur un antisémitisme rencontré , non pas chez les participantes mêmes, mais dans leur environnement. Une femme au contraire a expliqué qu’à l’école de ses enfants toute forme de racisme avait été combattue avec succès. Mais au cœur des ambivalences et des questions se retrouve le conflit Israélo-Palestinien.

J’ai conclu avec les paroles de Tzvetan Todorov sur l’usage de la mémoire, il articule, à mes yeux l’éthique de l’UPJB : « L’usage littéral qui rend l’événement ancien indépassable, qui revient en fin de compte à soumettre le présent au passé. L’usage exemplaire, en revanche, permet d’utiliser le passé en vue de présent, de se servir des leçons des injustices subies pour combattre celles qui ont cours aujourd’hui, de quitter le soi pour aller vers l’autre. »

Tzvetan Todorov, Les abus de la mémoire, Arlea. 1995

Merci à Bobby, Dominique, Judith et Mathilda.

«La chanson de Sarah», conférence chantée d’Henri Goldman

Henri Goldman à l'UPJB
©Ariane Bratz
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Moment très émouvant que ces deux soirées, fin janvier à l’UPJB, avec Henri Goldman et sa conférence chantée, « La Chanson de Sarah ». On le connait intellectuel et polémiste, ( cf. la revue Politique et les chroniques de son blog), on l’a connu chanteur, adoré « Yiddish » et « Ville Métisse », les chansons publiées en 1983 dans l’album « Ville Métisse». Mais ce soir-là, il enfile les deux casquettes à la fois et entraîne son public dans une balade originale au travers de ce répertoire mal connu, et pourtant assez large, des chansons évoquant le monde juif. Une heure trente ou à peu près de paroles et de musiques, Henri qui raconte, et fait écouter, « Marca » Henri qui reprend sa guitare et chante, quelquefois. Sa voix a un peu vieilli, mais moins que celle de Sting, mais elle a gardé son timbre si particulier, une voix comme légèrement embrumée…elle se fait tendre quand il chante, lui qu’on connait hâbleur, âpre dans les discussions.

Tendresse et souvenir

Sur la scène, un pupitre où sont affichées des pochettes de 45 tours, celles de ces artistes des années 50,60,70… Sacha Distel, Joe Dassin, Richard Antony, Pierre Barouh, Yves Montand, tous ces artistes qui n’ont pas affiché leur judéité, et qui pourtant étaient juifs. C’était l’époque où les rares parents revenus des camps de la mort se taisaient. C’était l’époque où leurs enfants n’osaient pas questionner, c’était l’époque où la société ne voulait pas prêter l’oreille aux victimes du génocide des juifs par les Nazis. Peu à peu, quelques voix s’élèveront. Mais Henri Goldman n’a pas choisi cette veine -là, celle de « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat né Jean Tenenbaum, enfant caché, orphelin à 12 ans d’un père mort à Auschwitz. Il n’a pas choisi non plus « L’affiche rouge » d’Aragon et Ferré (1955). Il propose des chemins de traverse, il a glané des chansons oubliées, comme « Le chemin des oliviers » de Francis Lemarque, où le violon en dit bien plus que les paroles, simplement suggestives, évoquant un chemin qui n’est plus que poussière, où toute l’herbe a disparu, un chant pour « nos frères qui ont tombés et sont morts en cherchant/cherchant bien longtemps/ de la liberté le chemin/le chemin ».

Donc, ni pathos, ni drapeau…même s’il a déniché cette rareté, cette chanson où Serge Gainsbourg s’engage, avec « Le sable et le soldat » aux côtés des soldats israéliens pendant la guerre de juin 1967. Ou cette autre, « L’île du Rhône » (1963) métaphore d’Enrico Macias pour évoquer la ferveur des kibboutzim ensemençant le désert, et bâtissant leur Etat.

A travers ses choix, c’est la vie juive européenne d’autrefois qui surgit, entre Pologne et exil, celle des tailleurs, de la fille qui fait son trousseau de mariage (Renée Lebas, « Tire tire l’aiguille »), ou la jeune femme qui s’est arrachée à l’atelier familial pour partir en Amérique (« Sarah », Charles Aznavour). Ces chansons réalistes manient aussi l’humour, avec « Schmile », le fils de tailleur pas fichu de tailler une manche comme il faut, une chanson épicée d’accent yiddish, (Georges Ulmer,1951). En yiddish ou en français, Georges Moustaki parodie « Les mères juives », leur encombrante attention, et c’est efficace et drôle.

Le vertige de l’absence

Humour, pudeur, mais déchirure aussi. Je craque lorsqu’Henri nous fait réécouter ce tube des années 80, où l’autre Goldman- Jean-Jacques- appuie sur l’identification, « comme toi/ comme toi/ comme toi » pour évoquer la petite Sarah aux yeux clairs : « Sa vie, c’était douceur, rêves et nuages blancs/Mais d’autres gens en avaient décidé autrement/Elle avait tes yeux clairs et elle avait ton âge/C’était une petite fille sans histoire et très sage/Mais elle n’est pas née comme toi/Ici et maintenant/Comme toi Comme toi ». 

L’après-guerre, ce furent aussi ces années ou les enfants des déportés ont appris à grandir, dans l’ombre des disparus ou des rescapés. Parfois dans la pauvreté, ou la « gêne », pour des « Vacances aux bord de l’eau », récit de vie très émouvant de Michel Jonasz, amené au piano par une mélodie toute simple, entêtée et nostalgique. Cette chronique d’été, douce comme « les glaces au bord de l’eau », dont l’émouvante « Middelkerke » d’Henri-Marca est la cousine belge.

Mais que faire de cette mémoire douce et déchirante ? Parce qu’il faut bien vivre, Danielle Messia tente de s’en libérer dans « Grand-mère Ghetto », un chant à chaque strophe plus aigu et plus puissant, et dont le chorus final s’évanouit dans l’air :

« Grand-mère ghetto/Tout ce que tu dis je le crois/La ferveur, le fardeau/Et la méchanceté des rois/Mais Grand-mère ghetto/Grand-mère ghetto/Regarde comme il fait beau/Y a des enfants dans la rue/Des qui n’ont jamais rien su/Non, je jouerai pas le rôle/De ces ombres de l’histoire/Qu’ont la tête dans les épaules/Et froid dans leur manteau noir/. La chanson a été composée sans doute à la fin des années 70 ou au début des années 80. Née à jaffa en 1956, la jeune artiste meurt d’une leucémie en 1985, elle a laissé une œuvre rare, elle termine « Grand-Mère ghetto » sur un cri, une profession de foi :  

« J’voudrais rouvrir la confiance

Comme une porte sur le monde

J’voudrais rire sur l’existence

Tuer les vieux démons qui grondent

Tuer les vieux démons »

Avec ce récital, Henri Goldman parcourt 60 années de chanson. Il sert ce répertoire avec émotion, efficacité, sobriété. Les bornes du temps s’effacent, et l’on s’aperçoit que c’est déjà demain, et qu’hier n’a pas passé, enchâssé dans une mélodie, enroulé dans un refrain dont on retrouve soudain les paroles, étonné et ému. « Azoy », comme chantait Régine.

Françoise Nice

 

 

 

 

 

 

C’est les vacances!

UPJB en vacances
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L’UPJB souhaite à tou.te.s ses membres et ami.e.s de très bonnes vacances d’été.

Nous nous retrouvons à la rentrée pour une nouvelle programmation.

Pour nous joindre cet été, privilégiez le mail: info@upjb.be

Le Yiddish en chantant!

yiddish en chantant
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Le Yiddish en chantant avec Jacques Dunkelman et Willy Estersohn

« Nous nous sommes rencontrés à deux reprises pour, ensemble, chanter des chansons Yiddish, au Kloub (Club) du jeudi. Il suffit de chanter ensemble pour être envahi d’un plaisir profond, jouissif et parfois difficilement explicable. On ne se sent pas seul mais faisant partie d’un collectif. Quand on recherche tant soit peu ses racines, et qui ne les recherche pas, la chanson yiddish répond parfaitement à cette démarche. Alors, n’hésitons plus, même si nous ne connaissons que quelques mots de cette langue de nos pères.                                            

Venez, c’est si prenant. Chantons ensemble et découvrons des morceaux de la vie de nos ancêtres. Chanter en groupe (et beaucoup le savent venant de nos colonies), nous rapproche plus que n’importe quelle activité. D’accord ? Alors, nous vous attendons pour les prochaines séances. N’oubliez pas d’apporter le chansonnier que vous avez reçu lors des premières séances! Il s’enrichira de nouvelles chansons ».

Jacques et Willy                                                                                              

L’actualité au Moyen Orient par Henri Wajnblum, spécialiste du conflit israélo-palestinien.

Henri Wajnblum
Henri Wajnblum
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Henri Wajnblum fera un tour d’horizon sur l’actualité israëlo-palestinienne, et sur les conflits en Syrie et en Irak.

Henri Wajblum écrit dans la revue  de l’UPJB, Points Critiques. Il est le spécialiste du conflit israélo-palestinien. Pour consulter les articles d’Henri Wajnblum, c’est par ici!

Anne Morelli: « Les révolutionnaires à Bruxelles de 1830 à nos jours »

Anne Morelli
Anne Morelli
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Anne Morelli, historienne, professeur honoraire de l’ULB, nous parlera de ce dernier livre sur les révolutionnaires à Bruxelles de 1830 à nos jours écrit par un collectif d’auteurs sous sa direction.

Bruxelles est non seulement la capitale décisionnelle de l’Europe où convergent d’innombrables manifestations, mais aussi un lieu où de nombreux révolutionnaires ont résidé (comme Marx) ou sont passés (comme Lénine).

La ville porte aujourd’hui les traces des cultures subversives qui s’y sont succédées : des communards et opposants exilés aux anarchistes, des socialistes utopistes du XIXe siècle aux artistes actuels du street art.

« Les 4 fils Aymon » par Alain Michel 

Liège les 4 fils Aymon
Liège les 4 fils Aymon
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Ce spectacle conçu par Herman Closson, exalte l’insoumission et la résistance ; il a été créé avant-guerre par « les comédiens routiers », qui l’ont joué en 1941 et 42. Il donnera naissance après la guerre à la création du Théâtre National, sera joué plus tard à Avignon, repris dans un ballet par Béjart et au théâtre de Toone, où il passe toujours. Alain Michel nous exposera avec projections le résultat de ses recherches sur cette histoire particulière, qu’il a présenté à l’Académie Royale de Belgique en mars 2017

Alain Michel est ingénieur diplômé en 1961, et a fait carrière dans le secteur des énergies, nucléaire d’abord et renouvelables ensuite, puis s’est occupé de projets spatiaux. Dans ces secteurs il a occupé maintes fonctions importantes, tant en développement, recherche et communication des techniques à travers plus de 200 articles, rapports et ouvrages, sur des questions socio-politiques ayant un arrière-plan technologique. En parallèle il a été aussi co-fondateur et animateur de l’association NELL qui fait la promotion de livres pour enfants.

Erdem Resne: « La Turquie après le référendum et les pouvoirs présidentiels accrus d’Erdogan. La communauté turque de Belgique »

Erdem Resne
Erdem Resne
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« La Turquie après le référendum et les pouvoirs présidentiels accrus d’Erdogan. La communauté turque de Belgique » par Erdem Resne.

Erdem Resne est journaliste, co-fondateur de Binfikir (revue turcophone d’actualité belge) : il collabore aussi à la revue Politique.

Ahmed Laaouej (PS):« L’avenir de la gauche dans un contexte européen d’affaiblissement de la social-démocratie »

Ahmed Laaouj
Ahmed Laaouj
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Ahmed Laaouej, député fédéral PS et directeur du centre culturel Magh. Il nous parlera de «  L’avenir de la gauche dans un contexte européen d’affaiblissement de la social-démocratie »

Ahmed Laaouj est un homme politique belge, membre du Parti Socialiste.
Il est Député Fédéral, Vice-Président de la Fédération Bruxelloise du Parti Socialiste et conseiller communal dans la commune de Koekelberg. Licencié en droit, il est détenteur d’une spécialisation en droit économique et fiscal obtenue à l’ULG. Parlementaire actif et respecté pour son expertise économique et fiscale, il est l’auteur de nombreuses initiatives parlementaires relatives à la fiscalité, la régulation financière ou à la lutte contre la fraude fiscale. A la Chambre des Représentants, il est notamment à l’origine d’une loi visant à interdire l’activité des fonds vautours sur le territoire belge. Issu d’une famille marocaine originaire du Rif, il est le cinquième d’une fratrie de six enfants. Son père, arrivé en Belgique en 1962, était mineur de fond dans un charbonnage de la région liégeoise.

La chanson de Sarah, spectacle chanté par Henri Goldman

La chanson de Sarah - spectacle chanté par Henri Goldman
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“La chanson de Sarah” ?

Une conférence chantée, quelque chose entre une conférence, une écoute de disques commentée et un récital de chansons. 

La chanson de Sarah - spectacle chanté par Henri Goldman

« Quand j’étais petit – cinq ans, ou six – ma grande sœur m’installait sur la table du salon pour me faire chanter toutes les chansons de sa jeunesse. Mouloudji, les Compagnons de la chanson, Charles Trenet et, surtout, Yves Montand, son idole. C’est à ce moment-là que j’ai attrapé ce virus qui ne m’a plus lâché jusqu’à aujourd’hui. J’ai tout écouté, j’ai tout répété, j’ai tout aimé, en vrac et en détail. De la grande Mireille à Patrick Bruel, en passant par Jean Ferrat, Guy Béart, Barbara, Polnareff, Michel Berger, Joe Dassin et, à mes 15 ans, Richard Anthony qui entendait siffler le train. Quelle ne fut pas ma surprise, en préparant cette conférence, de découvrir que toutes les personnes qui je viens de citer, absolument toutes, étaient juives. Et qu’on n’en savait rien du tout. Sauf, peut-être, pour Patrick Bruel… » Henri Goldman

La chanson française doit beaucoup aux auteur-e-s et aux interprètes d’origine juive. Beaucoup sont restés très discrets sur leur généalogie, au point d’incarner la France archétypique, comme le Casque d’Or de Simone Signoret, fille du Juif polonais André Kaminker et qui fit carrière sous le nom de sa mère provençale. Mais au fil des années, le refoulé remonta à la surface, ce qui déboucha sur quelques surprises…

Le parcours

En partant à la recherche des traces juives dans la chanson française, on écoutera – dans l’ordre d’entrée en scène – Francis Lemarque, Renée Lebas, Georges Ulmer, Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, Joël Holmes, Régine, Leny Escudero, Georges Moustaki, Enrico Macias, Herbert Pagani, Michel Jonasz, Jean-Jacques Goldman, Danielle Messia. En bout de piste, Henri Goldman intercalera quelques contributions plus personnelles.

Les thèmes

L’immigration et l’exil, l’émancipation, les petits métiers, la famille, le génocide et la guerre, la religion, Israël et le sionisme, la différence entre Ashkenazes et Sepharades, le yiddish… C’est fou ce que les chansons racontent sans avoir l’air d’y toucher. 

Au terme du parcours, on devrait en savoir un peu plus sur l’identité juive, à moins qu’on n’y comprenne plus rien…

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