Le chagrin des Bruxellois
Presque chaque jour depuis plus de 19 mois, des milliers de Bruxellois et de Bruxelloises expriment leur colère face au blocage politique qui paralyse leur Région. Et pourtant, ç’aurait pu être encore pire. Si les Bruxellois avaient voté comme le reste du pays, nous aurions depuis longtemps un gouvernement à Bruxelles. Mais c’eut été un gouvernement de casse sociale et écologique sur le modèle de l’Arizona fédéral.
Mais voilà : à Bruxelles, lors des dernières élections, les forces politiques opposées à ce virage à droite sont restées majoritaires, en voix comme en sièges. Une alliance des forces de gauche, rassemblant les socialistes, les écologistes et le PTB, était mathématiquement possible. Cette formule avait la préférence de toute la gauche associative et syndicale bruxelloise qui l’exprima dans un appel. Au mois de mai, elle fut tentée mais n’aboutit pas.
Après des mois de palabres inutiles, une tentative de la dernière chance a été lancée par Yvan Verougstraete, président des Engagés, en vue de constituer un gouvernement annoncé « de centre-gauche ». Pour cela, il était prêt à rompre l’alliance qui le lie au MR dans d’autres gouvernements. Si cette tentative avait pu aboutir, Bruxelles aurait dû échapper au pire : à savoir un gouvernement de sous-traitance de l’Arizona, soumis au chantage permanent de la N-VA et à la tutelle envahissante du président autocrate du MR qui a érigé la brutalité en méthode politique.
Patatras : nouvel échec. La tentative de Verougstraete a calé devant l’intransigeance de partis flamands dont l’agenda politique se fiche des Bruxellois. L’impasse bruxelloise témoigne aussi de l’absurdité de règles constitutionnelles qui persistent à considérer Bruxelles comme un amalgame de Flamands et de francophones alors que nous n’en sommes plus là depuis longtemps.
Bruxelles est donc punie pour être restée une ville de gauche dans un pays qui penche à droite. Bien sûr, ce n’était pas facile. À Bruxelles encore plus qu’ailleurs, les marges budgétaires sont étroites et notre Région n’a pas le pouvoir d’inverser les priorités fédérales qui ont refusé de toucher aux grandes fortunes et ont sacrifié la lutte contre les inégalités sociales à l’augmentation inconsidérée du budget militaire.
Il reviendra donc à la société civile de prendre le relais, même si la crise bruxelloise met sa survie en péril. Car c’est bien la sphère associative qui fournit une large part des services essentiels indispensables à la cohésion sociale et qui constitue la première ligne de protection d’une population particulièrement vulnérable. De nombreux membres de l’UPJB y travaillent ou s’y consacrent bénévolement. Ils sont notre fierté et le soutien de leur association leur est acquis.
Édito de la newsletter mensuelle de l’UPJB — janvier 2026
