Home Blog

[Théâtre musical] « Ce qui marche, c’est la promenade »

Une pièce (en)chantée interprétée par des comédien·ne·s de l’UPJB et de la troupe du CPAS de St-Gilles.

Un cybercafé, là où se croisent des visages longs ou ramassés, pâles ou hâlés, sans âges ou fatigués, lieu des voyages immobiles. La pièce commence avec ces va-et-vient, avec ce passé qui parfois ne passe pas, avec la lueur d’hier qui éclaire demain. Et l’on rit. L’on attend.
Et l’on chante. Et l’on saute de Babel aux Bas-Fonds, avec ici et là, une mer à traverser…
Et l’on marche, pour voir ce qui marche. Et ce qui marche ? Entre Saint-Gilles et Dakar, entre Malines et Moscou, Pékin, Gibraltar, Ouagadougou, Liège par hasard, ce qui marche, sans doute… c’est la promenade.

Équipe artistique
Pour accompagner la quinzaine de comédien·ne·s amateur·e·s , la production du spectacle a fait appel à une équipe professionnelle avec : Serge Kribus à l’écriture des textes sur un élan d’Elias Preszow, Noémi Tiberghien à la mise en scène ; NP à la composition de musiques originales et Miko Bukowski pour en réaliser les arrangements, diriger les comédien·ne·s chanteur·se·s et composer les musiques de plateau.

Une coproduction de l’UPJB et du CCJF
Avec le soutien de la COCOF, de la Commune de St-Gilles, du CPAS de St-Gilles et de la Cité des jeunes.

 

Pour les réservations, c’est sur le site du Jacques Franck !

[Visioconférence] Le travail au centre des conflits politiques pendant la crise du Covid

Conférence de Laurent Vogel

La crise du COVID comporte de multiples dimensions. Sous l’angle bio-médical, elle comporte sa part de difficultés qui est loin d’être insurmontable. Elle est avant tout la révélatrice des rapports de pouvoir et des inégalités sociales. Rarement les gouvernants n’auront accumulé en si peu de temps un aussi grand nombre d’erreurs, de preuves manifestes d’incompétence et de cynisme.

Le travail y occupe un espace central pour deux raisons. La crise remet en cause un des principes de base du capitalisme en montrant l’importance du travail du care. Si les infirmières ont tenu le coup, ce n’est pas parce qu’elles sont des héroïnes. Elles ont forgé des identités professionnelles fortes, une intelligence collective, des liens de solidarité dans des mobilisations antérieures contre des conditions de travail déjà fortement dégradées par l’austérité. Le bilan sanitaire montre d’immenses inégalités sociales en fonction des conditions de travail. Conquérir un contrôle sur l’organisation du travail et délibérer avec le reste de la société sur les choix productifs seront les deux enjeux majeurs pour le monde du travail dans les prochains mois.

[Visioconférence] Dire la Nakba, d’hier à aujourd’hui

L’Association Belgo-Palestinienne (ABP), organise un événement pour commémorer les 72 ans de la Nakba.

Celui-ci aura lieu vendredi 15 mai à 19h.

 

Par Zoom et facebook live

Rien n’est plus vivace et plus fondateur pour les Palestiniens que la catastrophe qui a vu, en 1948, près de 850.00 habitants de la Palestine chassés de leur terre ancestrale, de leur maison, de leur ville ou village, devenus des réfugiés expédiés dans des camps de misère, au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Rien n’est plus douloureux que cette perte matérialisée par la destruction de plus de 450 villages, par l’occupation de leurs villes, jadis bouillonnantes de vie, par la négation de leur existence comme peuple autochtone et par l’effacement de leur Histoire. Dans la mémoire collective, la Nakba reste un traumatisme qui hante encore aujourd’hui des générations de Palestiniens.

Le 15 mai est la date où les Palestiniens se souviennent et continuent d’exiger le droit au retour des réfugiés, un droit nié par Israël.

Nous voulons nous souvenir avec eux.

Mais nous savons que la Nakba n’est pas un événement ponctuel, c’est un processus continu et incessant : jusqu’à aujourd’hui, Israël confisque des terres (voire l’annexion programmée de la vallée du Jourdain par exemple), chasse des habitants de leur terre, démolit des maisons, emprisonne et tue, déshumanise les Palestiniens et tente de les rendre invisibles en récupérant leur culture ou en la détruisant. Israël poursuit son objectif d’agrandir son territoire et de devenir un État juif vidé des Palestiniens.

Ce vendredi 15 mai à 19h, nous donnerons la parole, la voix, le témoignage, à des Palestiniens, des artistes, des militants,… pour « Dire la Nakba » !

AbdelFattah Abou Srour, réfugiés, Directeur du centre Al-Rowwad, camp de Aida

Ihab, petit-fils de réfugié de Beersheva et habitant du camp de Nuseirat

Sandrine Mansour, Franco-Palestinienne, Historienne, chercheure au CRHIA

Amal Murkus, chanteuse palestinienne d’Israël, de grande renommée

Eitan Bronstein, De-colonizer, fondateur de Zochrot

Philippe Dumoulin, Artiste

Les interventions se dérouleront principalement en français.

VENEZ NOUS REJOINDRE EN LIGNE VIA CE LIEN

L’échange peut également être visionnée en direct sur la page Facebook de l’événement et des organisateurs.

Texte de la Commémoration de l’insurrection du Ghetto de Varsovie (UPJB-19 avril 2020)

« Le soleil de demain nous illuminera le présent,
Et hier disparaîtra avec l’ennemi.
Seulement si le soleil et l’aube manquent,
Alors comme une parole donnée, ce chant ira de génération en génération. »[1]

s’vet di morgn-zun bagildn undz dem haynt,
un der nekhtn vet farshvindn mitn faynt,
nor oyb farzamen vet di zun in dem kayor –
vi a parol zol geyn dos lid fun dor tsu dor.

סװעט די מאָרגן־זון באַגילדן אונדז דעם הײַנט,
און דער נעכטן װעט פֿאַרשװינדן מיטן פֿײַנט,
נאָר אױב פֿאַרזאַמען װעט די זון און דער קאַיאָר
װי אַ פּאַראָל זאָל גײן דאָס ליד פֿון דור צו דור.

Zog nit keynmol est écrite en 1943, dans le Ghetto de Vilnius. Un peu plus tard, au 61 rue de la Victoire, elle résonne toujours. Portée par la chorale depuis plusieurs années, elle continue à exister dans la maison et au-dehors.

Pour nous, elle résonne seulement, car le yiddish c’est pas facile, alors on la fredonne, on l’évoque, on lui rend hommage et quelques fois, quelquefois, quelqu’un se souvient des paroles et s’empresse de guider les voix de bonne volonté. En tout cas à l’UPJB-Jeunes on la connaît la chanson, on la connaît peut-être pas comme il faut, comme Hirsch Glick s’était imaginé qu’elle irait « de génération en génération », mais elle est là, dans les locaux, dans les couloirs, comme une chose très importante qu’on sait qu’il faut garder en tête, qu’il faut transmettre, et comme pour les autres choses, on ne sait pas toujours très bien comment procéder mais ça marche, ça nous échappe un peu, mais ça se transmet. Et, au prochain camp, nous entendrons encore du yiddish résonner avant le repas, dans nos oreilles ou dans nos cœurs.

« Dans un dernier sursaut de dignité, les survivants s’organisent, s’arment comme ils le peuvent et se battent au nom de la dignité humaine. »[2]

Cela peut sembler bizarre qu’un des vecteurs de ce soulèvement soit la dignité humaine. Mais à y réfléchir, on se rend bien compte que celle-ci est en fait l’une des choses les plus importantes pour l’humanité… Nombreuses sont les personnes qui, au jour le jour, se battent pour la garder auprès d’elles.
En effet, après avoir lu le passage plus haut, une question peut nous turlupiner : cette dignité, ne serait-elle pas l’un des trésors les plus précieux pour l’Humain ?
Oui, elle l’est, et beaucoup de personnes l’ont déjà perdue, et celles-ci l’ont perdue de manières différentes.
D’un côté, il y a celleux qui l’ont perdue à cause d’un.e autre humain.e. À cause de violences, de discriminations etc.
De l’autre, se sont justement celleux qui les font subir.
Car oui, si une personne commet des actes de violence envers quelqu’un.e d’autre et, de plus, le.a dénue de son précieux trésor, alors soyons d’accord pour dire que cette personne n’en n’a pas non plus ! Laissons ces horribles personnes sur le bas-côté de la route et préoccupons-nous de la première catégorie.
Pour leur cas, rien n’est tout à fait perdu. Si une personne a su voler leur précieux bien, quelqu’un.e d’autre doit pouvoir le leur rendre. Même si cette tâche est laborieuse, elle est faisable.
Alors nous tous et toutes, soyons les chirurgien.ne.s de ladite dignité et aidons les personnes l’ayant perdue de force à la regagner ! Soyons pour elles les ami.e.s sur lesquel.le.s elles pourront toujours compter. Soyons celles et ceux qui lanceront le déclic de leur reconstruction. Soyons celles et ceux qui lanceront le début de leurs propres insurrections !

« Finalement, les Allemands ont annoncé une distribution de pain. À tous ceux qui se porteraient volontaires pour partir travailler – trois kilos de pain par personne, avec en plus de la confiture. Écoute-moi bien, mon enfant. Est-ce que tu sais ce qu’était alors le pain dans le ghetto ? Si tu ne le sais pas, tu ne comprendras jamais comment des milliers d’individus ont pu venir d’eux-mêmes et partir avec leur pain à Treblinka. Personne n’a jamais pu le comprendre. »[3]

Je pense qu’il y a eu plusieurs étapes dans ma perception de cette réalité. D’abord celle, où, jeune enfant, j’en avais une petite connaissance, j’en savais quelque chose, mais c’était pour moi une histoire tragique et lointaine, un « il était une fois » particulièrement effrayant. C’était encore un peu superficiel, voir irréel.
Il y a eu un certain déclic dans mon ressenti, un jour en lisant une BD sur la deuxième guerre mondiale, quand cette histoire qu’on m’avait racontée plusieurs fois est soudain devenue pour moi une réalité plus claire, dans toute son horreur. Les gens autour de moi étaient étonné·e·s de me voir fondre en larmes. J’étais profondément affectée.
Je ne puis dire qu’un jour, je comprendrai vraiment.
Constatant ces différents niveaux de connaissance, compréhension, conscience, je pense qu’il est important d’encore se plonger dans ce que vivaient les juifs pendant cette guerre, en visitant des textes et témoignages, pour essayer de s’imaginer cette réalité. C’est un travail très important pour les mémoires, d’analyser l’invraisemblable et pourtant vrai, et essayer de le comprendre. Mais sans doute est-ce impossible, de vraiment comprendre.
Cet extrait nous montre, par un exemple simple, que quand on ne connaît pas la faim, cette faim-là du moins, on ne peut pas comprendre, et on ne le pourra jamais. Il y a une part d’incompréhensible, d’imperceptible, quand on ne connaît pas ce qu’était le pain dans le ghetto.
Je ne dis pas cela pour être défaitiste ou pour dire que c’est vain d’apprendre l’histoire. Nous devons écouter, lire, discuter pour essayer tant bien que mal de s’imaginer, mais gardons en tête que malgré tous nos efforts, certaines choses nous échapperont… Même si l’on ne peut pas ressentir la même peine que ceux qui l’ont vécue, l’essentiel aujourd’hui n’est pas de souffrir quand on se penche sur cette période, c’est d’en tirer les leçons. Faisons preuve d’humilité quand on dit comprendre, mais exerçons notre devoir de mémoire, expliquons et avertissons les générations futures sur ce qu’est l’antisémitisme, ce qu’a été la Shoah.

– « Le 18 au soir, nous nous sommes réunis chez Anielewicz, tous les cinq, l’état-major. Je devais être le plus vieux, j’avais vingt-deux ans. Anielewicz avait un an de moins. À nous cinq, nous avions cent-dix ans. »[4]

En lisant ce texte, nous nous rendons compte que nos âges sont très proches. Eux, leaders.euse.s de l’insurrection, et nous, monos de l’UPJB. Et que, sans comparer ces deux contextes très différents, leurs luttes nous inspirent énormément.
J’ai l’impression, l’espoir, l’envie de me dire que nous, moniteur.trice.s de l’UPJB-Jeunes, continuons la lutte, des années après, sur leurs traces.
Nous continuons à lutter contre le racisme et les discriminations par nos actions et la sensibilisation des jeunes lors de nos activités.
Nous pourrions citer notre participation depuis maintenant plusieurs années au Steenrock, un festival de musique pour la suppression des centres fermés et de l’enfermement des familles.
Les monos et les jeunes sont touché.e.s et intéressé.é.s par beaucoup de thématiques ; la question du genre, les conflits, la politique, la colonisation… (ces thèmes sont d’ailleurs abordés lors des camps et/ou des réunions du samedi).
Nous nous sentons concerné.e.s par les mesures discriminantes et non respectueuses des droits humains que peuvent prendre nos politiques ou même tout simplement notre société, telles que la discrimination à l’emploi, au logement, à l’éducation…
En tant que jeunes, nous nous rendons compte des injustices et des inégalités que notre société génère parmi les individus et les groupes d’individus. L’UPJB a créé un lieu où les enfants et les monos débattent de ces questions.
Malheureusement, l’antisémitisme, le racisme et la discrimination n’ayant toujours pas disparu, il nous semble important de continuer à lutter ensemble pour un monde meilleur et plus juste.
Un monde où les origines, les ethnies et les croyances ne pourront pas être un prétexte aux violences.
L’UPJB, par son histoire, nous permet de pouvoir continuer cette lutte ; enfants, jeunes et moins jeunes, tou.te.s ensemble.

Films et Livres référence :

– « Le temps du ghetto » de Frédéric Rossif, 1961 (film documentaire),

– « Le pianiste » de Władysław Szpilman, Éditons Pocket (livre),

– « Prendre le bon Dieu de vitesse » de Hanna Krall, Éditions Gallimard (livre),

– « Le Chant du peuple juif assassiné » de Itzhak Katzenelson, Éditions Zulma (livre de poésies),

– « Si c’est un homme » de Primo Levi, Éditions Pocket (livre)

– « La révolte du ghetto de Varsovie (l’énergie du désespoir) » (documentaire sur youtube).

[1] Extrait : « Chant des partisans » Zog nit keynmol, Hirsch Glick

[2] Extrait : « L’insurrection du ghetto de Varsovie , Ina.fr, disponible sur https://m.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/l-insurrection-du-ghetto-de-varsovie?fbclid=IwAR1_gLwK8a8I2EfF3miqaCXeWuJ3R1T0_AS0HhfQpVJCiU2JsDR4H0933oA

[3] Extrait : « Prendre le bon Dieu de vitesse », Hannah Krall

[4] Extrait : « Prendre le bon Dieu de vitesse », Hannah Krall

 

Lien vers Youtube

Lien vers Facebook

1er mai à l’UPJB

Chaque année, l’UPJB vous accueille autour de son stand près de la place Rouppe, pour parler des luttes passées et à venir, dans une atmosphère joyeuse et conviviale. En ce 1er mai confiné, l’UPJB a décidé de participer à cette journée de lutte virtuelle en donnant la parole à quelques-un.es de ses membres et de sa chorale, afin qu’ils.elles nous disent ce que le 1er mai représente pour eux.elles et à qui ils.elles adressent leurs vœux.

Sur l’air de “Sans la nommer” de G. Moustaki.

Merci à nos membres pour leur engagement.

Restons solidaires, portez-vous bien.

Lien vers Youtube

Lien vers Facebook

[Communiqué] Israël-Palestine : faire enfin respecter le Droit international

L’État d’Israël a un nouveau gouvernement. L’accord conclu entre les adversaires d’hier devenus des partenaires va sans doute permettre à Benjamin Netanyahu, accusé de corruption, de malversation et d’abus de confiance dans trois affaires différentes, d’obtenir que son procès soit considérablement retardé. Ce point est une affaire intérieure israélienne.

Par contre, en tant qu’association juive, l’UPJB s’estime directement concernée par la décision de ce gouvernement, dit « d’union nationale », d’entériner la « loi fondamentale » votée en juillet 2018, qui instituait officiellement Israël (au territoire sans cesse illégalement agrandi) comme « État-nation du peuple juif », ce qui revient à consacrer officiellement à la fois le déni du droit à l’autodétermination du peuple palestinien et les discriminations graves visant, depuis la naissance de l’État d’Israël, les Palestiniens qui détiennent la citoyenneté israélienne. Comme nous le proclamions dans notre communiqué du 20 juillet 2018 : « En tant que Juifs attachés aux droits humains universels, il est hors de question pour nous de nous identifier à un État qui se dote d’une citoyenneté à base raciale, un État aux frontières en extension permanente, un État qui bafoue les droits fondamentaux de ses propres ressortissants et qui s’assied sur le droit international. »

Ce qui ne doit certainement pas être considéré comme une affaire intérieure israélienne est la décision, contenue dans le programme de ce gouvernement, d’annexer la vallée du Jourdain et les colonies juives de Cisjordanie, ce territoire occupé et colonisé par Israël depuis 1967. Et de le faire avant la fin de l’actuel mandat présidentiel de Donald Trump pour ne pas courir le risque de devoir affronter un nouveau président et une nouvelle administration fédérale qui seraient opposés à ces annexions. Ce déni supplémentaire des droits du peuple palestinien, violant, une fois de plus gravement le droit international et les résolutions de l’O.N.U. concerne, partout dans le monde, ceux qui sont épris de paix et de justice et qui continuent à penser que les relations internationales doivent être régulées par le droit et non par la force.

L’Union européenne et les gouvernements nationaux des États qui la constituent avaient réagi pour le moins mollement à la publication, en janvier dernier, du « plan de paix » de Donald Trump qui, contrevenant à toutes les décisions antérieures de l’ONU concernant ce qu’il est convenu de nommer « conflit israélo-palestinien », ouvrait pourtant grand la porte à ces annexions, maintenant annoncées pour l’été prochain.

Face au déni continuel et sans cesse aggravé des droits des Palestiniens commis par l’État d’Israël, l’Union des Progressistes Juifs de Belgique attend de son gouvernement et de l’Union européenne, dès maintenant, une réaction enfin ferme, assortie de sanctions diplomatiques et économiques sévères. Celles-ci devraient être aggravées au cas où ce nouveau gouvernement commencerait à mettre en œuvre son projet d’annexions. Le Droit doit primer sur les rapports de force.

*****************

À lire aussi, sur le même sujet, le communiqué de presse de l’Association belgo-palestinienne du 22 avril dont l’UPJB approuve le contenu : https://www.association-belgo-palestinienne.be/en-israel-lunion-nationale-au-service-de-lannexion/

Commémoration de l’insurrection du Ghetto de Varsovie (UPJB-19 avril 2020)

Chaque année, en souvenir de l’insurrection du Ghetto de Varsovie, l’UPJB se rend au Memorial National aux Martyres Juifs de Belgique et au Monument aux Résistants juifs pour rendre hommage aux résistant·e·s tombé·e·s en combattant la barbarie nazie. Comme vous le savez, nous sommes cette année dans l’impossibilité de nous recueillir tou·te·s ensemble et de chanter le chant des partisans juifs en yiddish.

Nous n’oublions pas.

Nous vous proposons alors un hommage virtuel, intégralement écrit et réalisé par les moniteur·trice·s de l’UPJB-jeunes, qui nous parlent du soulèvement du 19 avril 1943 et de son écho dans leurs combats actuels. La chorale “Rue de la Victoire” de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique les accompagne en musique.


Souvenons-nous et écoutons-les.

Lien vers Youtube

Lien vers Facebook

Lettre d’interpellation pour une aide d’urgence à Gaza et la levée immédiate du siège

La situation sanitaire dans la bande de Gaza est catastrophique. « Catastrophique » est un mot faible pour dire ce qui se passe là depuis bien avant l’apparition du COVID-19. En 2016, un rapport de l’ONU concluait que la bande de Gaza pourrait devenir « invivable » en 2020, en raison du blocus israélien qui conduit à un approvisionnement limité en énergie et en eau, à la dégradation du système de santé et au très fort taux de chômage. Nous y sommes. Avec la présence de personnes infectées par le coronavirus à Gaza, on peut s’attendre au pire. Cette lettre est un appel au secours. Ne pas intervenir dans le sens que nous demandons serait de la non-assistance à deux millions de personnes en grave danger.

Lettre initiée par ECCP (Coordination Européenne des Comités et associations pour la Palestine) et adressée aux ministres des Affaires étrangères de États membres de l’UE.

17 avril 2020

Source : https://www.association-belgo-palestinienne.be/lettre-dinterpellation-pour-une-aide-durgence-a-gaza-et-la-levee-immediate-du-siege/

Bruxelles, le 15 avril 2020

À l’attention de :
M. Josep Borrell Fontelles, Haut-représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères
M. Philippe Goffin, ministre des Affaires étrangères
M. Alexander de Croo, ministre de la Coopération au développement

Concerne : Appel pressant pour une aide d’urgence à Gaza – levée immédiate du siège !

Monsieur le Haut-Représentant,
Messieurs les Ministres,

Face à la pandémie de coronavirus, les gouvernements du monde entier prennent des mesures d’urgence de façon à protéger la santé de leurs citoyens et stabiliser leurs économies.

Pour près de 2 millions de personnes de la bande de Gaza occupée et assiégée, avec les 12 cas de COVID-19 confirmés au 1er avril et deux mille personnes soupçonnées de contamination en quarantaine, la situation frôle la catastrophe. Les instruments, les lits de soins intensifs et les moyens de prévention pour faire face à l’éventualité d’une propagation de la contagion manquent ou sont tout à fait inadaptés. Dans cette situation, répondre de manière efficace à la crise actuelle est impossible à Gaza.

Plus d’une décennie de blocus illégal et de fréquentes attaques brutales de l’armée israélienne font que 2 millions de gens vivent dans un état de surpeuplement désespérant, un environnement marqué par l’exiguïté et des conditions de logement désastreuses, avec notamment un déficit de 60 % d’équipements médicaux, une fourniture d’énergie électrique drastiquement limitée, une malnutrition massive et l’eau courante dans seulement un logement sur dix.

La prévision de l’ONU selon laquelle Gaza serait inhabitable en 2020 est pleinement devenue réalité, comme l’a plusieurs fois rappelé Michaël Lynk, le Rapporteur spécial de l’ONU pour le Territoire palestinien occupé. Le panel d’experts de l’ONU sur la crise sanitaire a demandé à ce qu’il n’y ait aucune exception avec le COVID-19, car « chacun a droit à ce qu’on intervienne pour sa survie ». [1]

En dépit de la préoccupation exprimée par Antonio Guterres, le Secrétaire général de l’ONU, devant le manque de ressources dans les camps de réfugiés, dans les villages déplacés [2] et malgré l’appel à ne pas faire de la crise sanitaire [3] une guerre, Israël ne fournit pas le soutien nécessaire et adapté aux structures de soins de Gaza auquel il est tenu en tant que puissance occupante, en contrevenant à et en s’exemptant constamment de ses obligations. La communauté internationale ignore depuis trop longtemps la situation critique des Palestiniens de Gaza. Jusqu’à présent l’Europe s’est montrée incapable de se tenir a ses principes et déclarations et de mettre fin à sa complicité avec le système israélien d’occupation, d’apartheid et de colonisation de peuplement.

Les Palestiniens doivent pouvoir accéder à des traitements médicaux et nous avons le devoir de les soutenir en mettant fin aux restrictions imposées par Israël. En vertu de la Quatrième convention de Genève, Israël, en tant que puissance occupante, est tenu d’assurer la sécurité et le bien-être des populations civiles dans les zones sous son contrôle. Le blocus permanent d’Israël sur la bande de Gaza est une mesure qui prive sa population de nourriture, de carburant et d’autres biens de première nécessité ; il constitue une forme de punition collective, en violation de l’article 33 de la Quatrième convention de Genève.

Nous en appelons donc à l’Union européenne et aux gouvernements européens, dont le gouvernement belge, pour :

  • Prendre immédiatement toutes mesures économiques et politiques, y compris des sanctions et des mesures de rétorsion sous l’égide du droit international, pour faire pression sur Israël afin qu’il mette fin au siège de Gaza ;
  • En liaison avec les ministres de la santé de Gaza et de Cisjordanie, assurer la livraison directe aux autorités publiques locales de cargaisons adéquates des fournitures médicales et sanitaires nécessaires à la détection du coronavirus et pour la prise en charge des personnes affectées ainsi que des éléments nécessaires à la prévention de la propagation du virus dans la communauté et dans les hôpitaux locaux.
    Permettre à ceux qui ne peuvent être traités à Gaza d’avoir accès effectivement à d’autres hôpitaux.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Haut-Représentant, Messieurs les Ministres, l’expression et l’assurance de notre indéfectible attachement aux droits humains.

Signataires :

ABP (Association Belgo-Palestinienne WB) ; BACBI (Belgian Campaign for Academic and Cultural Boycott of Israel) ; Centrale Générale – FGTB ; Intal ; MOC (Mouvement ouvrer Chrétien) ; Palestina Solidariteit ; SolSoc ; UPJB (Union des Progressistes Juifs de Belgique) ; Viva Salud ; Vrede vzw

[1] https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=25746&LangID=E

[2] https://www.un.org/press/en/2020/sgsm20021.doc.htm

[3] https://www.un.org/press/en/2020/sgsm20023.doc.htm

Goupil burlesque – Seder 2018

Au cinquième jour de Pessah, ne résistant plus à la pascale privation de céréales et autres levures, je me rends au Montmartre afin de consommer une boisson à base de houblon fermenté. Sur mon chemin de pécheur, un homme poussant une poussette vide s’arrête. Il me tend la main. Main dans laquelle tient une invitation, invitation à venir discuter à sa table ; s’attabler pour discuter de Dieu.
Il pensait certainement sauvegarder mon âme, mais je pensais sauvegarder mon temps. Ainsi, pour couper court (je suis un Sire très concis), je lui lance que je suis un Juif athée. Quelle formidable erreur. Je venais de déclencher son ire : C’est impossible !, me répond-il, tu ne peux pas être juif athée. Déclenchant mon rire inté-rieur : je trouve étrange de croire en un truc qu’on ne voit pas mais de ne pas croire en un truc qu’on a devant soi. Mais, je poursuis le dialogue. Clément que je suis, je vous l’épargne. Pour la prétérition, je vous cite tout de même : “Tu es déraciné, tu as perdu tes racines. Tu es juif dans ta chair, mais pas dans ton âme…”
A défaut de l’âme, soyons donc juifs dans la chair, et expliquons pourquoi nous allons en ingurgiter, des racines.

Du chicon, de la coriandre, ou du raifort – non, du rhaïn me souffle-t-on – constituent dans votre assiette les herbes amères. Avant que ne fusse ouverte l’a mer rouge, l’amertume est celle des esclaves d’Egypte, celle de nos “ancêtres”, celle des peuples, des classes, des races, des genres opprimé·e·s.
Si nous voulions moderniser ce rituel, pour nous faire ressentir l’amertume, nous aurions également pu vous faire des
Fortune Cookies, les biscuits sino-américains avec un petit mot à l’intérieur prédisant notre infortune : un tweet de Donald Trump, ou une des mesures antisociales prises notre gouvernement, ou encore rappeler le fait qu’à l’UPJB nous sommes des progressistes qui avons recours à des militaires et à la police pour garantir notre sécurité.

Une première coupe de vin. Après, tout le monde se lave les mains (sans bénédiction).

A 10 heures de votre assiette, vous trouverez un bol d’eau salée. Il s’agit de rappeler les larmes versées sous l’esclavage. Selon la version, cela peut également représenter la sueur au travail, ou un mélange des deux. Selon l’aversion, nous vous laissons choisir dans quoi vous préférerez tremper.

Sachez, au grand dam des personnes maladroites, qu’il est prescrit de manger sur le coude gauche puisque c’était proscrit. Plutôt que de manger sur le pouce, c’est un signe de liberté. En effet, seuls les hommes libres pouvaient le faire à l’époque. Attention, ici, “hommes” n’est pas un masculin générique et désigne les hommes exclusivement.

Une deuxième coupe de vin. Après, tout le monde se lave les mains (avec bénédiction). Forts de cette tradition, cela explique peut-être pourquoi, dans deux ans, certains haredims aux mains bénies ne jugeront pas le confinement nécessaire. Du pain bénit pour le coronavirus.

Autre élément central de votre assiette, le harosseth. C’est une sorte de purée dont la rocette peut varier. Vous avez donc le choix entre les noix, les pommes, les dattes, les amandes, la cannelle, et même parfois le vin.
La difficulté à mâcher cette pâte symbolise le mortier utilisé par les esclaves hébreux pour constituer les briques du pharaon.

L’œuf dur, lui, est un élément plus récent du rituel. Il est mangé en souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem.

Des matses sont également amassés dans un panier. Dans la hâte de quitter l’Egypte, le pain n’a pas été levé.
La Torah (édition revue et corrigée), Exode, Chapitre 13, Paragraphe 4, relate la chose suivante : “Et Moïse dit au peuple : “Ouvrières, ouvriers, camarades, Qu’on se souvienne de ce jour où vous êtes sortis de l’Égypte, la maison de servitude, alors que, par la puissance de son bras, l’Éternel vous a fait sortir d’ici et que l’on ne mange point de pain levé. Dans votre errance de quarante années dans le désert, le pain azyme prendra moins de place et allègera votre besace. Aussi, et surtout, ne confondez pas
point de pain levé avec point de poing levé. Hasta la revolucion siempre !” ”. fin de citation.

 

Pessah est la fête de la libération, de la liberté et du renouveau de la nature 

Pessah est une des 3 fêtes juives de pèlerinage, celle du printemps. A l’époque du Temple, la célébration impliquait la montée au Temple de Jérusalem et l’offrande des premiers fruits de la terre. Mais Pessah est surtout la commémoration de l’exode, la sortie des hébreux de l’esclavage en Egypte et leur constitution en peuple libre, dépositaire des10 commandements, reçus par Moise dans le désert, où les hébreux errèrent 40 ans, avant de s’établir par la conquête au pays de Canaan.

Le récit biblique se passe sous 3 pharaons, qui ne sont jamais nommés. Voici en résumé ce récit.  R.II  Séti  Menerphta

  • Le pharaon de l’installation accueille auprès de lui Joseph, 12ème fils du patriarche Jacob, en fera son ministre, et installe ls hébreux dans la région de Goshen, dans le N-O de l’Egypte Depuis leur installation en Egypte, les hébreux n’ont cessé de prospérer et de se multiplier.
  • Devant leur grand nombre, le 2ème pharaon, celui de l’oppression, redoute qu’ils se joignent à ses ennemis en cas de guerre. Il décide de les réduire en esclavage en les faisant durement participer à l’édification des villes de Pithom et de Pi-Ramses. Il ordonne de faire mourir les nouveaux nés mâles en les jetant dans le fleuve. 3 mois après sa naissance, la mère de Moise l’abandonne dans une corbeille près de la rive du Nil, où la fille de Pharaon le trouve, l’adopte et l’élève. Elle l’appela Moise ce qui signifie « sauvé des eaux » Adulte et ignorant son origine, Moise est témoin des durs travaux infligés aux hébreux et de la violence qu’ils subissent. Voyant un contremaître frapper cruellement un Hébreu, il le tue et prend la fuite vers le pays de Madian où il passera plusieurs années comme berger.

 

  • le 3ème pharaon est celui de l’exode…

Sur le Mont Horeb, dans un buisson ardent, Dieu apparût à Moise et lui ordonne de retourner en Egypte pour délivrer les hébreux de leurs oppresseurs. Moise se présenta avec son frère Aaron au palais de Pharaon pour le persuader de laisser les hébreux quitter l’Egypte, mais Pharaon refusa, et selon la Torah, Yahvé lui inflige une 1ère plaie, la transformation des eaux du Nil en sang. Pharaon refuse tjrs le départ des hébreux. La scène se répètera, et 10 plaies sont infligées aux Egyptiens, la plupart étant des désastres naturels. Avant la 10ème, la mort des nouveaux nés, les hébreux enduisent leur porte du sang de l’agneau sacrifié la veille et l’ange de la mort saute par-dessus leurs maisons, d’où le nom de Pessah, Pass-over !

  • Pharaon consent enfin à libérer les Hébreux qui partent et arrivent au bord de la Mer Rouge.
  • Mais Pharaon s’est ravisé, a rassemblé son armée et les poursuit.

Les hébreux les virent avec frayeur mais Moise étendit sa main sur la mer, qui se sépara en deux pour leur livrer passage et ils traversèrent à pied-sec. Pharaon, avec ses chars et ses cavaliers les poursuivit, mais les flots se refermèrent sur les égyptiens.et toute l’armée périt noyée.

  • Les enfants d’Israël séjournèrent 40 ans dans le désert, où Moise recevra au mont Sinaï les 10 commandements, et renouvellera pour son peuple l’alliance avec Yahvé reconnu comme seul Dieu. En échange de cette alliance qui les engage à ne servir qu’un seul Dieu, Yahvé assurera à son peuple sa protection divine. Cette alliance est l’origine du monothéisme, et du nom » peuple élu »
  • Puis Moise guidera son peuple vers le pays Canaan mais mourra sans y pénétrer. Les différentes tribus d’Israël s’infiltrèrent durant des décennies parmi les habitants du pays, les Cananéens, tantôt pacifiquement, tantôt en leur faisant la guerre et les éliminant, tout en adoptant leur genre de vie sédentaire, citadine et paysanne.

Voilà l’histoire de cette présence en Egypte et de l’exode, telle que dans la Torah. Mais la bible n’est pas un livre d’Histoire, c’est un texte mythique, un récit oral transmis de génération en génération avant d’être écrit, sur base de documents et sources de diverses époques, de contes et légendes, remaniés au cours du temps sur des critères religieux    La Torah a pris force de loi pour les hébreux.

La date de la sortie d’Egypte n’est pas connue, certains savants la situent vers   -1440, d’autres vers -1250 ! Des chercheurs ont essayé de vérifier la réalité des récits bibliques par des fouilles archéologiques. Le livre « La bible dévoilée, » de Finkelstein, et Silberman nous apprend que les textes de la Torah auraient été écrits entre le 10ème et le 6ème siècle avant JC, donc des centaines d’années après l’époque où on situe la sortie d’Egypte. (cfr annexe)

Ce livre pose la question : la sortie d’Egypte a-t-elle réellement eu lieu ? Pas de preuves et en dehors du récit biblique, la seule trace matérielle de la présence des hébreux en Egypte est une inscription sur une stèle à la gloire du Pharaon Menerphta, « Israël est dévasté et sa semence même n’existe plus » et l’inscription « Apirou (hébreux), poussièreux nomades »

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Pour moi, que la sortie d’Egypte ait réellement eu lieu ou non est secondaire : ce récit riche en symboles m’interpelle, et me rappelle les seder de Pessah de mon enfance, occasions de réunions familiales autour de repas traditionnels, mais sans rituel religieux, bien qu’en Pologne, mes grands-parents que je n’ai pas connus, étaient pieux. En quelque sorte, le rappel de la sortie d’Egypte, sous la forme religieuse du seder, ou de fêtes familiales informelles, avec aussi le questionnement et la transmission aux enfants, ce rappel fait mémoire. Et participe pour le juif à son Identité et au maintien de son appartenance « au peuple juif » pour certains, (mais qu’est-ce le peuple juif ?), à « la culture et à la civilisation juives » pour d’autres » Et je n’échappe pas à ce phénomène, pas plus que vous tous d’ailleurs, venus nombreux à ce seder Upjbien. En actualisant le rituel de manière laïque et progressiste, l’UPJB tente de relier le message de libération de Pessah au monde d’aujourd’hui, où tant de peuples subissent encore l’oppression.

xxxxxxxxxxxxx

Annexe : Après la destruction du royaume d’Israël par Sargon II roi d’Assyrie en -722, l’idolâtrie s’installa. Le roi Josias qui a régné de -639 à -609 s’attaqua à la fausse religion, voudra reconquérir le Nord et tentera d’unifier Nord et Sud, Israël et Juda, autour d’une histoire et d’une loi communes, celles de la Torah, histoire mythique des origines du peuple, exprimant son identité et remontant à la création de l’Univers par Dieu. Peu après la mort de Josias, interviendra en -587, la destruction du Temple et de Jérusalem par Nabuchodonosor. Le royaume de Juda sera effacé de la carte et ses élites seront exilées à Babylone jusqu’en -538. Après cet exil, il n’y a plus de Temple, plus de pays, plus de roi. Les scribes et les prêtres ont été exilés, le Temple se transformera en synagogue, (maison d’assemblée et d’étude) autour de la Torah, codifiée en loi. Le judaïsme est né !

Micha Wald – Seder 2019

Quand on y réfléchit bien, toutes ces histoires des dix plaies d’Egypte, de Mer Rouge qui s’ouvre en 2, des 40 ans dans le désert à crever de faim, du buisson ardent et surtout, que c’est nous les Juifs qui avons construit les pyramides, ça ne tient pas vraiment debout. Je suis scénariste, je passe ma vie à écrire des histoires et franchement, de tout l’ancien testament, ce passage-là est le plus gratiné.

Oui, j’ai beaucoup ricané enfant en entendant ces histoires à dormir debout. Ces dix dernières années, plusieurs archéologues israéliens et français ont confirmé ce qu’au fond de moi je pressentais : tout cela c’est du pipeau, du mythe, une belle histoire. Il n’y a aucune trace de Juifs esclaves en Egypte au XIIe siècle AVJC.

Les Egyptiens qui étaient pourtant du genre tatillon et très portés sur les listes administratives, n’ont consigné aucune trace de ces 2 millions de Juifs qui ont pourtant bâti leurs pyramides. Pas de traces non plus de leur fuite, ni de la Mer Rouge s’ouvrant en 2.

Et même s’ils étaient échappés d’Egypte, la Terre Promise, le pays où coule le lait et le miel, appartenait de toute manière aussi à l’Egypte à l’époque ! Selon les archéologues et historiens Neil Asher Silberman,Israel Finkelstein et Françoise Briquel-Chatonnet, il est plutôt probable que les Juifs n’ont jamais bougé des montagnes de Canaan où, à l’époque, ils vivaient isolés, en tribus disparates se combattant les unes les autres. Mais alors pourquoi avoir inventé tout cela ? Il est fascinant et émouvant qu’un peuple ait décidé de s’inventer un passé d’esclave plutôt qu’un passé de puissants, de conquérants, de royauté d’essence divine. A l’époque, ces peuplades juives étaient des nains par rapport à leurs puissants voisins égyptiens, assyriens, babyloniens.

Paradoxalement, aucun de ces ces grands royaumes n’ont créé de mythes aussi forts et aussi universels que ceux de l’Exode, de la lutte contre l’esclavage et contre l’oppression.

En ces temps de Nouvelles Routes de la soie, de make america great again, de réhabilitation du culte de Staline en Russie, de toute cette nostalgie rance pour les grands empires, ça fait du bien de faire partie d’un peuple qui continue à célébrer un moment historique inventé de toute pièce, où on fantasme que nos ancêtres étaient des opprimés, des esclaves, la lie de la terre. Et que pendant cette fête, on s’exhorte à ne jamais opprimer nos prochains.

Hag Sameah

Micha

 

Les événements