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[Projection] « Bains publics » de Kita Bauchet

Les Marolles, au cœur de Bruxelles.
Près de 65 ans après son inauguration, « les Bains de Bruxelles » offrent toujours deux bassins de natation et des douches publiques aux habitants de ce quartier populaire. Des personnes d’âge, d’origine et de classe sociale différentes y trouvent un lieu de ressourcement et d’apaisement. Illustration d’un melting pot où les gens s’entrainent, se lavent, se parlent, se rencontrent. Un film tourné exclusivement dans l’enceinte de la piscine et de ses environs, où sensations, impressions, situations nourrissent une vision en apparence égalitaire mais qui va se révéler bien plus complexe.

La projection sera suivie d’une rencontre et d’un débat avec la réalisatrice Kita Bauchet.

[Points Critiques n°381] Sommaire

 

Éditorial – Anne Grauwels

Focus : Révolte

  • De quoi les gilets jaunes sont-ils faits ? – Matéo Alaluf
  • J’héberge, tu héberges… ils / elles s’indignent – Françoise Nice
  • « Les femmes sont comme les pavés »… – Irène Kaufer
  • 8 mars : grève des femmes… à l’UPJB-jeunes – Lybica, Madoqua et Helena
  • Jeunes pour le climat, entre respectabilité et désobéissance – Hannah Van Der Ghinst

 

  • Aux sources du Nil – Kali Muhirwa
  • Netanyahu pour le pire – Henri Wajnblum
  • Le Juif se rebiffe ! – Jacques Aron

Lire

  • Appelfeld parmi nous – Tessa Parzencsewski
  • La classe ouvrière – Antonio Moyano

Voir

  • Notes autour de M de Yolande Zauberman – Elias Preszow
  • Juge et partie ? Oui ! – Gérard Preszow

Humeurs Judéo-flamandes – La vache ! – Anne Gielczyk

Fiction – Au commencement Dieu créa le Ministère – Judith Lachterman

BD – Révolte – Gecko

Voir – Voyage au pays du collage et des collagistes (11) – Jacques Aron

Vie de l’UPJB – La presse de yiddish de Solidarité Juive – Jo Szyster

UPJB Jeunes – Une génération qui bouge ! – Achille Renard

[Points Critiques n°381] Edito

Il y a quelques années, ça devait être en 2016, j’ai vu au Jeu de Paume à Paris une exposition qui s’intitulait « Soulèvements ».

Cette exposition s’est avérée visionnaire car elle annonçait à la fois le déchaînement de la nature et le temps de la révolte des hommes et des femmes, « quand ils en ont assez d’être assujettis » (1). Soulèvement par les éléments qui se déchaînent (ouragans, tsunami…) et soulèvement par les gestes, les morts, les conflits et les désirs. Pour le commissaire de l’exposition, l’historien de l’art et le philosophe Georges Didi-Huberman, l’émotion doit faire partie de tout travail d’anthropologie politique.

La couverture du catalogue reprend une photo emblématique d’un jeune homme que l’on voit de dos, dans un mouvement d’une élégance inouïe, lancer des pierres vers les forces de l’ordre au loin. Cela se passe à Londonderry en 1969, mais ça pourrait être le ghetto de Varsovie en 1942, la Cisjordanie en 1987, Paris en 1968 ou encore Paris, un samedi de 2019 aux Champs-Elysées. A chaque fois, il s’agit d’émeutes, d’insurrections, de révolutions…

Nous avons opté pour pour « révolte » car comme Sartre, nous pensons qu’on a toujours raison de se révolter, et parce que le mot évoque un retournement de situation, un bouleversement, un mouvement soudain qui vient nous surprendre, qu’on attendait pas spécialement et qui semble pourtant s’inscrire dans la durée. Sils se soulèvent, « c’est qu’ils n’ont pas l’intention de se rasseoir dans l’immédiat », poursuit Judith Butler (1).

C’est le cas des ilets jaunes en France (et même en Wallonie comme en témoigne l’analyse de Mateo Alaluf), des lycées qui depuis des moi, se mobilisent tous les jeudis pour le climat, des féministes qui continuent leur combat pour l’égalité et qui chez nous ont fait la grève pour la première fois ce 8 mars 2019 (y compris au camp de l’UPJB-Jeunes !), des hébergeurs et des hébergeuses de migrants qui ne désarment pas malgré les risques de poursuites. Toutes ces luttes s’inscrivent dans l’urgence d’un monde qui bouge pour le meilleur… ou pour le pire.

(1) Judith Butler dans Soulèvements, Gallimard / Jeu de Paume, Paris, 2016, p. 24

 

 

[Projection] « Zindeeq » de Michel Khleifi

En présence du réalisateur

Introduction: Lucy Grauman

M, cinéaste palestinien vivant en Europe, revient dans sa ville natale de Nazareth, pour assister aux funérailles de son oncle. Le voyage devait être bref. Il va se prolonger de façon inattendue, à la suite d’un drame, qui va renvoyer le cinéaste à des cicatrices mal fermées de ses origines familiales. Que s’est-il passé vraiment en 1948 ? Sous la forme d’une fiction, Zindeeq aborde une nouvelle fois, après Route 181, l’héritage de 1948 au regard de la transformation de la société palestinienne d’aujourd’hui.

Réalisateur palestinien né à Nazareth en 1950, Michel Khleifi vit en Belgique depuis 1970. Il est diplômé de l’Insas et auteur de plusieurs films, notamment La mémoire fertile, Noce en Galilée, présenté à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs, Le cantique des pierres également présenté à Cannes dans le cadre d’Un certain regard, et Route 181 en collaboration avec Eyal Sivan.

Zindeeq / 1h25 / 2009

[Lecture] Imre Kertész par Paul Camus

Un moment offert par Paul Camus.

Après avoir eu le plaisir d’écouter Clara Royer nous parler de ses rencontres avec Imre Kertész, Paul Camus nous propose un petit voyage à travers son œuvre, des extraits, et un thème.

L’occasion d’entendre le discours d’Imre Kertész à Stockholm le 10 décembre 2002 mais aussi comment l’homme et l’écrivain ont à la fois anticipé, reçu puis vécu cette récompense qui selon les termes convenus venait couronner son œuvre.

On peut être surpris, mais toujours on entendra la capacité à la lucidité, à la probité et l’ambition de faire œuvre.

Ainsi commença-t-il son discours :
Avant toute chose, je dois vous faire un aveu, un aveu peut-être étrange mais sincère.

Comédien, metteur en scène français, vivant en Belgique. Paul Camus a toujours continué à travailler des deux côtés de la frontière. En France, dans le compagnonnage d’Alain Timar on le verra s’épanouir dans de nombreux rôles rencontrant les paroles d’auteurs aussi importants que Valère Novarina, Gao Xingjian ou Samuel Beckett. En Belgique, c’est avec Isabelle Pousseur d’abord et dans des spectacles de créations ou de grandes adaptations de Kafka, Müller, Büchner ou Kertesz que nous le verrons. Autant de jalons marquants le parcours de celui dont on a pu dire « sa voix gravement timbrée laisse aux mots leur mystère ».

Fête du travail – 1er mai 2019

L’UPJB sera présente au 1er mai de la place Rouppe.

 

La fête du 1er mai, fête de tous les travailleurs, est organisée par la FGTB de Bruxelles depuis 1994 et depuis 2005, en partenariat avec la Fédération des Mutualités Socialistes du Brabant, la Centrale Culturelle Bruxelloise asbl et la Ville de Bruxelles.

http://www.fetedutravail.be/programme/

Le 26 mai 2019, nous serons appelés à voter. Dans notre région, au fédéral et au niveau européen. Et si… ? Et si, ensemble, nous mettions toute notre énergie pour porter et défendre un autre projet de société : fort, accueillant et à visage humain ? C’est notre ambition pour Bruxelles ! Partout, sur le site de ce 1er mai 2019, nos revendications seront affichées. Pour vous les présenter. Vous les partager. Vous convaincre… qu’autrement et mieux, c’est possible !

PROGRAMME

Fanfare: Fanfakids
15:30 | Gustave Brass Bands
Un répertoire tout en pep’s et cuivres pour les gagnants du Working Class Live !

16:45 | Marka feat. Winter Woods & Circus Café
Accompagné de ses «guests», prêt à mettre le feu à la place Rouppe comme un echte Brusseleir !

18:30 | Mister Cover| 18:30
Avec cette star des reprises, embarquez dans un voyage à travers Eighties et Nineties !

+ Stands militants
+ Animations pour les enfants
+ Expo photo « 5 ans de lutte » (collectif Krasnyi) + Agora

[Manifestation] Pour un gouvernement qui régularisera les sans-papiers

Manifestation le dimanche 28 avril 2019 à 14h à la Gare du Nord.

La Coordination des sans-papiers de Belgique réclamera les droits des sans-papiers afin qu’ils puissent reconquérir leur dignité après avoir tout perdu. Elle mettra la question sur la table, et ce, dans tous les débats électoraux à venir, la question de la Régularisation immédiate des sans-papiers en Belgique.

Pour cela, la Coordination des sans-papiers de Belgique appelle l’ensemble des sans-papiers tapis dans l’ombre et tous nos soutiens pour alerter sur notre situation et mobiliser le plus grand nombre citoyen.ne.s à venir exiger des engagements solennels des partis politiques sur l’intégration des sans-papiers dans l’Etat de droit belge.

Une intégration qui passe par :

1. la régularisation des sans-papiers
2. la fermeture des centres fermés
3. la liberté de circulation
4. l’arrêt des expulsions
5. l’arrêt de la criminalisation des sans-papiers
6. le respect des droits fondamentaux comme l’accès aux soins médicaux et à l’éducation
7. le respect et l’application des droits de l’enfant.

LA COORDINATION DES SANS-PAPIERS DE BELGIQUE

La Voix des Sans Papiers de Saint-Josse ~ La Voix des Sans Papiers de Bruxelles ~ Collectif Latinoamericanos por la Regularizacion ~ Collectif des Afghans Sans Papiers de l’église Béguinage 2013 ~ Le Comité des travailleurs avec et sans papiers de la CSC ~ La Voix des Sans Papiers de Liège ~ La Voix des Sans Papiers de Verviers ~ Le Comité des Femmes Sans Papiers ~ Le Collectif des Bengalais ~ Collectif Mobilisation Groupe 2009 ~

Contacts :
Mamadou (0493 99 54 44)
Modou (0499 88 48 21)
Serge (0493 29 19 74)

Mail: coordinationsanspapiersbruxelles@riseup.net

 

Facebook : https://www.facebook.com/events/663609960708641/

Source : https://sanspapiers.be/evenement/manif-pour-un-gouvernement-qui-regularisera-les-sans-papiers/

 

[Colloque international] L’actualité de Rosa Luxemburg – Dialogue entre politique et histoire

L’année 2019 sera celle du centenaire de l’assassinat de Rosa Luxemburg. Diverses activités commémoratives sont déjà annoncées un peu partout en Europe et dans le monde. A cette occasion, le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (Université libre de Bruxelles), la Maison du Livre, le Centre des Archives du Communisme en Belgique, l’Institut Marcel Liebman et la Formation Léon Lesoil coorganisent un colloque de réflexion critique autour de quatre thèmes majeurs qui ont marqué la pensée et l’action de Rosa Luxemburg : la « fin du capitalisme », la « Démocratie radicale », l’ « Auto-détermination des peuples et impérialisme » et la question de la « grève générale ». Au-delà de l’aspect commémoratif, il s’agira surtout d’interroger de poser, par le biais d’interventions de spécialistes internationaux issus de diverses disciplines (historiens, politologues, philosophes, économistes et sociologues), la question de l’originalité et de l’actualité de la pensée de Rosa Luxemburg, un siècle après sa mort.

 

Programme

Jeudi 25 avril (Maison du Livre, rue de Rome 24, 1060 Saint-Gilles)

18h-18h30 : Lionel Richard (Professeur émérite, Université de Picardie Jules-Verne, auteur de nombreux livres sur la culture allemande du XXe siècle, collaborateur au Magazine littéraire et au Monde diplomatique), « Dimension culturelle de la révolution en Allemagne – rôle de Spartakus »

18h30-19h : Martine Leibovici (Maitre de conférences-HDR émérite en philosophie politique, Université Paris Diderot-Paris 7), « Rosa Luxemburg et le côté formel de la démocratie »

19h-20h : Pause repas (bar et petite restauration sur place)

20h – Projection du film « Rosa Luxemburg » de Margarethe von Trotta (Allemagne, 1986, 123min.)

 

Vendredi 26 avril (Campus du Solbosch, ULB)

Matinée (salle Henri Janne, 15è étage de l’Institut de Sociologie, 44 avenue Jeanne, 1050 Ixelles : voir plan)

9h-9h30 – Exposé introductif : « Socialisme et révolution en Allemagne », par Antoine Chollet (Université de Lausanne, Institut d’études politiques, historiques et internationales)

9h30- 10h30 : « Capitalisme, impérialisme, globalisation : les apports de Rosa Luxemburg » – Présidence de séance : Gabriel Maissin (économiste, UCL)

  • Marlyse Pouchol (Université de Reims et membre du Clersé CNRS, UMR 8019, Université de Lille 1),« Accumulation du capital et impérialisme selon Rosa Luxemburg »
  • Jelle Versieren (Universiteit Antwerpen) « La dialectique du capital chez Rosa Luxemburg et la phase  actuelle de la financiarisation» (Rosa Luxemburg: the dialectic of capital and the current phase of financialization)

10h30-11h – Discussion

11h-11h30 Pause

11h30-13h00 : « Auto-détermination des peuples et impérialisme » – Présidence de séance : Francine Bolle (Historienne, ULB)

  • Jean Vogel (président de l’Institut Marcel Liebman, Professeur de Science politique, Université Libre de Bruxelles), « L’anti-impérialisme réactionnaire et ses avatars »
  • Dominique Villaeys-Poirré (animatrice du blog Comprendre avec Rosa Luxemburg, coordinatrice du tome 6 des Œuvres complètes de Rosa Luxemburg, OCRL Agone-Smolny), « Penser, agir contre le colonialisme, le militarisme, l’impérialisme »

13h-14h Pause

Après-midi (Campus du Solbosch, local R42.2.110 : voir plan)

14h15-15h45 : « Démocratie » – Présidence : Martin Deleixhe/Florence Delmotte (FUSL)

  • James Muldoon (University of Exeter, Political Science Department), « Socialist Republicanism in the German Revolution»
  • Vincent Presumey (auteur de Paul Levi : L’Occasion manquée, Éditions de Matignon, 2017), « Après Rosa Luxemburg : démocratie, république et révolution chez Paul Lévi.»

15h45 – 16h05 : Présentation de la réédition de l’œuvre de Rosa Luxemburg, par le collectif d’édition Smolny.

16h05-16h30 Pause-café

16h30-18h : « grève générale et mouvements sociaux aujourd’hui » – Table ronde (présidence Mateo Alaluf, sociologue, ULB) avec : Felipe Vankeirsbilck (CSC); Daniel Richard (FGTB); Anja Deschoemacker (Collectif Rosa) ; Stéphanie Servais  (gilets jaunes Liège) ; Elodie Doppagne (gilets jaunes Bruxelles); Betty Masure (CGSPACOD).

 

Entrée gratuite – Table de presse

Inscription souhaitée via chsg@ulb.ac.be ou institut.liebman@ulb.ac.be

Site internet : http://www.institut-liebman.be/

Événement Facebook : https://www.facebook.com/events/2208279739265150/

Colloque organisé avec le soutien du FNRS, de la Faculté de Philosophie et Sciences sociales de l’ULB et du Centre de recherche « Mondes modernes et contemporains ».

 

 

[Points Critiques n°380] « Les sionistes face à l’antisionisme »

NDLR : Des erreurs se sont glissées dans l’article publié. Ceci est la version correcte.

Comme dans l’ensemble de la population, il y a des antisémites parmi les antisionistes. Mais c’est loin d’être le cas de la majorité d’entre eux. À commencer par les Palestiniens qui sont quasi tous antisionistes puisqu’ils n’acceptent pas que le pays où ils vivent ou dont ils sont exilés soit devenu l’« État des Juifs », au prix de leur déplacement forcé ou de très fortes discriminations pour ceux qui y sont restés, même pour ceux d’entre eux qui ont obtenu la citoyenneté israélienne1. Cela n’en fait pas des ennemis des Juifs.

Les antisionistes sont aujourd’hui ceux qui s’opposent à la perpétuation, au Proche-Orient, de l’existence d’un État auto-défini comme juif, accueillant pour tous ceux que ses autorités reconnaissent comme tels, aux dépends des populations non juives des territoires sur lesquels il s’est édifié puis élargi. Parmi ces antisionistes, se trouvent de nombreux Juifs, partisans de la « désionisation » d’Israël, c’est-à-dire de sa transformation en un ou deux États démocratiques, traitant de manière égale tous ses habitants.

De bonne foi

La plupart des sionistes pensent pourtant sincèrement que l’antisionisme n’est qu’une façade derrière laquelle se cachent des antisémites. Comment expliquer cela ?

Qu’ils soient « de gauche » (prêts à des compromis territoriaux avec les Palestiniens) ou « de droite » (refusant tout compromis), les sionistes ont en commun une vision du monde très pessimiste. Ils considèrent que l’antisémitisme ne peut être éradiqué. Il en découle que pour s’en prémunir, il n’est qu’une solution possible : les Juifs doivent « se mettre à l’abri » en vivant séparés des non-juifs, dans un État-forteresse ; ou, au moins, pour ceux d’entre eux qui continuent à vivre en dehors de l’« État juif », un tel État doit exister pour qu’ils puissent y trouver refuge, au cas où…

Certains d’entre eux pensent aussi que seule l’existence d’un État à large majorité juive permet de lutter efficacement contre la disparition progressive de l’identité juive du fait des « mariages mixtes ».

Pour eux, ceux qui remettent en question le caractère sioniste de l’État d’Israël, c’est-à-dire le fait qu’il soit destiné aux Juifs, ce qui implique forcément que ses citoyens non juifs soient minoritaires et discriminés, veulent la « destruction » de cet État. De là à penser qu’ils souhaitent « renvoyer les Juifs à la mer » ou, pire, les exterminer, il n’y a qu’un pas que beaucoup de sionistes franchissent souvent.

Intransigeance et déni

L’existence de cet « État-refuge » est donc, selon eux, une question de vie ou de mort. C‘est cela qui justifie à leurs yeux leur refus d’envisager la moindre mise en pratique du droit au retour des exilés et de leurs descendants, ainsi que les graves discriminations dont sont victimes, depuis la création de l’État d’Israël, ses citoyens non juifs. Et pour que cela soit psychologiquement acceptable pour eux, ils ne veulent pas savoir, nient ou minimisent la réalité de ce que les Palestiniens nomment la « Nakba » (catastrophe), c’est-à-dire le fait que, pour que l’État d’Israël puisse exister en tant qu’ « État juif », les forces armées sionistes ont organisé l’expulsion de la grande majorité des Palestiniens des territoires dont ils ont pris le contrôle en 1948. C’était en effet la seule solution praticable pour rendre la population juive majoritaire sur le territoire qui allait constituer l’État d’Israël2.

Les sionistes face aux Juifs antisionistes

Puisque, selon les sionistes, remettre en question le caractère « juif » de l’État d’Israël revient à mettre les Juifs, qu’ils soient israéliens ou non, potentiellement en danger de mort, il est incompréhensible pour eux que des Juifs puissent être antisionistes. C’est pourquoi la plupart d’entre eux considèrent ceux-ci comme des « malades mentaux animés par la haine d’eux-mêmes » ou des « traîtres qui trahissent leurs frères » et/ou comme des « juifs en partance », voire de « faux Juifs ». Et ils se persuadent qu’ils sont « ultra-minoritaires ».

Que ces Juifs antisionistes puissent être aussi préoccupés qu’eux par la résurgence de l’antisémitisme mais qu’ils considèrent qu’il y a d’autres moyens de s’en prémunir que de se séparer du reste du monde en s’enfermant dans un État-forteresse au prix du malheur des non-juifs habitants ou originaires du territoire de cet État, cela dépasse leur entendement.

Des alliés douteux

Il est logique que, depuis ses débuts, des antisémites aient vu le mouvement sioniste d’un bon œil puisque qu’il prônait le « chacun chez soi », qui impliquait le départ des Juifs des pays où ils vivaient vers un territoire qui leur serait propre et où ils pourraient édifier leur État.

Il n’est pas étonnant que les dirigeants de l’État d’Israël, constitué sur une base ethnique, s’entendent avec les dirigeants d’autres États qui partagent le même type d’idéologie ethno-nationaliste, bien que leur bienveillance à l’égard des Juifs soit sujet à caution.

D’autres alliés douteux sont ces millions de chrétiens évangélistes, soutiens inconditionnels de l’État d’Israël, mais dont l’existence annonce, pour eux, le retour du Christ sur terre et le jugement dernier, lors duquel ne seront « sauvées » que les âmes de ceux qui auront adhéré à la foi chrétienne.

Les antisionistes partisans de la transformation d’Israël d’un État juif en un ou deux États binationaux où tous les habitants seraient des citoyens dotés des mêmes droits et pouvant donc vivre en paix les uns avec les autres ne seraient-ils pas, au contraire, les meilleurs alliés des Juifs ?

1 Ils sont actuellement plus de 20 % des citoyens de l’État d’Israël.

2 Au moment du vote du plan de partage de la Palestine (novembre 1947), les Juifs constituaient moins d’un tiers de la population totale de la Palestine mandataire : ils étaient 608.000, les Arabes 1.237.000. Et sur le territoire attribué par ce plan à l’« État juif » habitaient alors 498.000 Juifs et 407.000 Arabes (A. GRESH et D. VIDAL, Palestine 47. Un partage avorté, Éditions Complexe, 1987, p. 25).

[Pessah] Le Seder de l’UPJB

L’UPJB vous invite à son Seder de Pessah (Pâque) 

Dans la tradition juive, la fête de Pâque entretient le souvenir de l’Exode, quand les Hébreux, réduits en esclavage en Egypte, firent le choix  de la liberté sous la conduite de Moïse. Au cours du Seder -repas rituel-, on évoque cet épisode de la vie du peuple juif. Celui-ci permet de nombreuses lectures. Pour les Juifs progressistes, le message de Pâque concerne tous les peuples, y compris ceux qui, encore aujourd’hui, subissent le joug d’une occupation étrangère.
Comme les Iftar chez les musulmans, le Seder de Pessah est l’occasion de rencontre interculturelles.
Cette année, l’UPJB invite ses ami.e.s à partager avec elle ce moment particulier du temps juif, la cuisine ashkénaze qui est servie et le récit à la fois traditionnel et original qui l’accompagne, ainsi que les musiques et chansons qui l’illustrent.

Nous ferez-vous le plaisir d’être des nôtres ?

Samedi 27 avril 2019
Ouverture des portes : 18h
Début des festivités : 19h

Salle CEMÔme : 15-17, Rue du Danemark, 1060 St-Gilles

Inscription ici !
Information : info@upjb.be

P.A.F : 27 € (prix de soutien : 30€)
Membres : 23€
Prix réduit (moins de 18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi) : 12€
à virer sur le compte BE92 0000 7435 2823 de l’UPJB avec la mention «  Seder + noms des inscrits »

 

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