[conférence] « Un antisémitisme ordinaire » par Yasmina Zian

Le jeudi 15 octobre, retrouvez-nous à l’UPJB pour une conférence avec la chercheuse Yasmina Zian qui viendra présenté ses recherches : Un antisémitisme ordinaire. Représentations judéophobes et pratiques policières (1880-1930).

Yasmina Zian est titulaire d’un doctorat en histoire (Zentrum für Antisemitismusforschung – Technische Universität Berlin). Depuis 2018, Elle a travaillé sur les thèmes de l’antisémitisme (ALAVA – Technische Universität Berlin), de la recherche de provenance (Musée d’ethnographie de Neuchâtel), des traces coloniales dans l’espace public (Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale) et de la restitution du patrimoine culturel (RestitutionBelgium). En 2023, elle a mené des recherches sur la provenance des collections du Musée national d’archéologie, d’histoire et d’art du Luxembourg, dans le but d’identifier les biens pillés aux Juifs. Ces recherches, supervisées par l’Université du Luxembourg, ont été commandées par le gouvernement luxembourgeois. Depuis 2024, elle mène des recherches dans le cadre de Conciliare sur la transformation du patrimoine culturel colonial dans les espaces publics et les musées. En 2025, elle a fondé le premier groupe de recherche belgo-luxembourgeois sur la provenance des objets acquis dans un contexte colonial ou spoliés aux Juifs.

 

Résumé du livre

Avant les années 1930, l’élite politique et intellectuelle belge ne revendique pas d’idées antisémites. Bien que connus pour leurs textes antisémites, Edmond Picard et Jules Destrée n’ont ni l’influence ni le succès d’un Charles Maurras, d’un Édouard Drumont ou encore d’un Adolf Stoecker. Cela signifie-t-il pour autant que l’antisémitisme est absent en Belgique ?

Pour répondre à cette question, ce livre présente une enquête sur la surveillance exercée par les agents de la Police des étrangers sur les étrangers juifs de Cureghem entre 1880 et 1930. Fortement stigmatisé, le quartier de Cureghem est identifié comme juif, pauvre et étranger par les forces de l’ordre. Par conséquent, les juifs de Cureghem sont plus souvent la cible de surveillances et font l’objet d’une criminalisation qui varie selon les stéréotypes de l’époque et leur appartenance de classe, leur nationalité, leur genre, leur « race » et leur lieu d’habitation.

Illustré par différents récits de vie d’étrangers, cet ouvrage met en lumière les trois figures criminelles du juif étranger qui préoccupent la Police des étrangers : le « juif colporteur », le « judéo-boche » et le « judéo-bolchevique ». En conclusion, ce livre dévoile la présence de stéréotypes judéophobes au sein de la Police des étrangers et leur utilisation pour justifier des discriminations.

À travers une enquête originale, cet ouvrage dévoile les mécaniques de criminalisation des juifs par la Police des étrangers entre 1880 et 1930 en Belgique. Il envisage cette criminalisation comme un racisme institutionnel engendré par la banalisation de stéréotypes judéophobes et interroge les pratiques et représentations de la Police des étrangers.

Vous pouvez acheter le livre via les éditions de l’ULB, plus d’informations ici.