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[Gérard Preszow] À propos du film « Would you have sex with an Arab ? »

Le dimanche 1er mars à 16h, nous projetons le film « Would you have sex with an Arab ? » dans le cadre d’un cycle consacré au cinéma de Yolande Zauberman. A cette occasion, nous reproduisons un article de Gérard Preszow publié dans « ZIN » en 2013 à l’occasion de la première de ce film en Belgique qui avait été organisée à l’UPJB en présence de la réalisatrice Yolande Zauberman et du co-scénariste Selim Nassib. Précisons que pour la projection du 1er mars, le film sera pourvu de sous-titres en français.

Retrouvez toutes les informations pour la projection du film via cette page.


A propos du film “Would you have sex with an Arab ?”

Finalement, ce fut une chance de visionner le film dans ses langues originales (hébreu, arabe, anglais) et sous-titré en anglais : je ne connais aucune de ces langues et je devine le global english. La question-titre du film en devient d’autant plus frontale, un corps-à-corps, moins avec l’ennemi supposé (le Juif ou l’Arabe) qu’avec les corps, leurs visages et leurs désirs irrépressibles dans la chaleur de la nuit. Leur beauté ruisselante. La question posée par Yolande Zauberman et Selim Nassib n’est pas « Would you make love… ? », quand bien même celle-ci demeure passionnante et passionnelle, tantôt déclinée dans « L’hiver de Rita », l’amour du poète palestinien Mahmoud Darwich pour une femme juive, ou dans « The Bubble » du cinéaste Eytan Fox, l’amour d’un Palestinien pour un Israélien, mais « would you have sex… ? ».

Yolande Zauberman promène sa caméra dans les boîtes de Tel-Aviv et traverse la moiteur des décibels, sous le regard des yeux qui brillent. Le film épouse les mouvements organiques des corps déchaînés : un film aux rythmes et aux lumières techno où s’insinue la question au plus intime de l’être dépouillé — ou non — de son identité.

Le film nous atteint d’autant plus qu’il fait parler Juliano Mer Khanis peu de temps avant son assassinat et lui est dédié ainsi qu’à Szimon Zaleski, notre luftmensh à qui nous avions rendu hommage dans Points Critiques. Bref, un film qui donne le tournis tant il entraîne la vie — et la mort -, la paix- et la guerre — dans une bourrasque d’identités à fleur de peau.
C’est un film aussi qui, par la brutalité fougueuse de sa question, met à l’épreuve le statut de la vérité discursive dans le film documentaire.

Gérard Preszow, Zin TV, mars 2013.

 

Projections suivantes du ciné-club de l’UPJB

  • le dimanche 29 mars à 16h : « Dégradé » d’Arab et Tarzan Nasser (2016, 83’).
  • le dimanche 26 avril: “M” (2018, 106’).
  • le dimanche 10 mai: “La Belle de Gaza » (2023, 74’).
  • une rencontre avec Yolande Zauberman sera organisée en juin (date à confirmer)