[Lire] Notes autour des “Aventures extraordinaires d’un Juif révolutionnaire” d’Alexandre Thabor

par Elias Preszow

Un père parle à son fils de ce que fût sa vie. Sioma raconte à Alec ce vingtième siècle de feu et de sang qu’il a traversé les armes à la main : depuis sa ville natale d’Odessa jusqu’à  Paris, en passant par Haïfa et Saragosse. Comme une immense guerre civile d’ampleur mondiale, sans début ni fin, opposant les forces du Bien contre celles du Mal. Si cela peut paraître manichéen, il n’en reste pas moins que la fresque composée par les souvenirs de ce héros juif et révolutionnaire a tout d’un récit d’ « aventures extraordinaires » ainsi que l’annonce le titre du livre.

Dans ce texte qui tient à la fois de l’épopée et du manuel d’histoire, de la biographie et du roman, il est avant tout question d’amour. La rencontre entre Sioma et Tsipora a quelque chose d’un coup de foudre cinématographique. Cela se passe dans les années vingt, à Odessa, alors que celui qui n’est encore qu’un adolescent se retrouve pris, avec son meilleur ami, Gédéon, dans de violentes rixes contre les Cent-Noirs, ces jeunes ukrainiens qui inspirent la terreur aux juifs, et, en particuliers aux juifs communistes.

Les Cent-Noir avançaient sur nous, brandissant leurs chaînes et leurs gourdins. Gédéon ne bougeait pas. Je le sentais hésitant, désireux de négocier. Je me demandais comment lui insuffler ma détermination. Mon cœur battait fort. C’était  eux ou nous… Je les fixais sans ciller, bien en face. Je me sentais solide sur mes jambes, fort de mes épaules, de ma belle taille, des muscles de mes bras, de ma précision au lancer de pierres que je venais de ramasser. Je les ai regardés en face, les yeux dans les yeux. Ils ne bougeaient pas. Puis j’ai vu Gédéon, calme, serein, s’avancer vers Dimitri. C’est alors que Nikolaï lui a assené un coup de gourdin en plein tête, par -derrière. Mon ami est resté figé pendant une fraction de seconde, le regard plein d’incompréhension, avant de tomber sur le ventre, un sourire encore flottant sur les lèvres. J’ai craint qu’il n’ait désormais plus rien à défendre ni à aimer. J’ai lancé ma pierre vers Dimitri. Atteint en pleine tête, il a chancelé, puis il est tombé, mais ses acolytes se sont précipités sur moi. Ils m’ont mis à terre, matraqué à coups de gourdin, frappé en pleine poitrine, en plein ventre avec leurs bottes en me traitant de chien, de sale Juif, de rouge, de vermine. J’étais en sang. Je serrais les dents pour ne pas crier, c’était atroce, j’ai cru mourir.[1]

Et l’amour, là-dedans, me demanderez-vous ? Patience. Il arrive. Cette scène que Sioma transmet à Alec sera déterminante pour le restant de sa vie. Aussi bien par la haine contre laquelle il se révolte, par l’amitié qui le lie à son jeune camarade, que pour la personne dont il va croiser le regard avant d’être amené vers l’hôpital.

Ecoutez plutôt :

Avant d’être porté dans l’ambulance, j’ai eu le temps d’apercevoir une jeune fille, de treize ou quatorze ans, qui me fixait de ses grands yeux noirs, un léger sourire d’empathie sur le visage. Il a suffi de quelques secondes pour que je me sente emporté dans un tourbillon.

Et ce vertige n’aura de cesse tout au long du fleuve tumultueux qui emportera avec lui ces deux amants d’un bout à l’autre du monde. Alexandre Thabor sera le fruit de cette union, et le témoin de la tragédie de ses parents. Car, à l’heure où il retrouve enfin son père, en 1958, dans un café de Paris, sa mère, Tsipora, a déjà disparu dans les chambres à gaz d’Auschwitz… Le témoignage que lui livre Sioma coule à travers lui de telle sorte que le lecteur ne sache plus très bien qui en est la source. C’est la mémoire elle-même de cet homme qui parle à notre oreille, comme elle tâche d’éclairer pour le fils le destin de son père. Un fragment d’Héraclite oriente toute l’existence de Sioma, et revient régulièrement au fil des pages, comme une manière de rappeler cette exigence de liberté et de justice venue du fond des temps, par-delà toutes idéologies :Sans l’espérance, on ne trouvera pas l’inespéré.

C’est en faisant corps avec cet idéal que Sioma et Tsipora partiront en Palestine après des péripéties qui les voient s’opposer à la famille de Tsipora, en particulier à son frère, Nemrod, membre des sionistes révisionnistes de Jabotinsky ; mais aussi aux bolchéviques qui sont entrés dans une lutte de pouvoir pour arracher la succession de Lénine. Au début des années 1920, en réaction à un climat de plus en plus dangereusement antisémite, Sioma se rapproche du Poalé Zion, un groupe à la fois communiste et sioniste. Suite à une grève des dockers réprimée par les forces soviétiques, le couple se décide à quitter une ville que pourtant ils adorent, mais de plus en plus en proie à une violence cauchemardesque :

Notre décision a pris un certain temps à mûrir. La guerre civile peinant à se terminer, les massacres des Juifs aussi. Les artisans et les petits commerçants espéraient toujours beaucoup du pouvoir des soviets, mais ils voyaient des antisémites et des pillards s’installer aux commandes. Les officiers retenaient difficilement leurs troupes. Les Juifs désorientés voyaient les soldats de la Révolution fouiller leurs boutiques, les injurier, regarder sous les comptoirs et organiser le pillage. La haine était la même, les cosaques étaient les mêmes, blancs ou rouges ils avaient la même cruauté. L’Histoire se répétait avec une précision extraordinaire. [2]

C’est de cette manière que nous passons avec eux d’Odessa à la Palestine. Déjà, nous avons pu nous rendre compte de la diversité de la communauté juive, de ses débats intérieurs, des courants qui s’y opposent et s’y livrent bataille.  Antagonismes aussi bien politiques que culturels, économiques que philosophiques. Sioma et Tsipora se pensent avant tout comme deux êtres humains de leurs temps mais profondément inspirés par un judaïsme sans-âge. Régulièrement, les prophètes sont cités, Jérémie, Isaïe, Amos, comme autant de porte-paroles d’une dignité insoumise, précurseurs des esprits libres de la modernité tels que Spinoza et Marx. Dans un monde en mouvement perpétuel, désenchanté, en miettes, c’est un judaïsme du questionnement, de la crise du sens, comme du sens de la crise, qui demeure comme seul nœud invisible entre les générations.

En Eretz Israël, c’est bien cette sagesse de l’incertitudeque Tsipora tâchera d’enseigner de toute son énergie aux enfants juifs et arabes qui viendront suivre ses cours dans l’école où elle devenue institutrice. Grâce à son journal, dont certains extraits sont incorporés au récit, nous pouvons découvrir les impressions, les angoisses et les désirs de cette jeune femme dans son contact quotidien avec la réalité palestinienne. En janvier 1929, elle écrit :

Le temps demeure lourd et étouffant. Pour tromper mon appréhension de l’avenir, je me concentre sur l’éducation de nos trois petites classes. Je leur prépare un programme, j’y travaille dans le détail et me familiarise encore plus avec l’histoire juive et arabe de la Palestine depuis le mandat britannique et son terrible système colonial. Quand je suis dans ma classe, entourée des enfants, j’oublie nos problèmes. J’essaie de toutes mes forces de faire participer les parents, juifs et arabes, au développement de notre école, quelle que soit la précarité. Je m’attache à leur enseigner l’art de l’écriture et de la lecture, la mise en avant du langage pour les inscrire dans l’interprétation conflictuelle entre différents points de vue, pour qu’ils apprennent à en déduire une sagesse de l’incertitude à la lecture des textes qu’ils lisent. Dans l’ambiance politique dans laquelle nous vivons, je m’efforce ainsi de leur apprendre à faire obstacle aux idéologies qui sont toutes fondées, même pour celles qui sont de bonne foi, sur l’illusion de posséder la vérité, et à leur permettre de faire éclater ce qui est définitif pour s’ouvrir à l’infinitif.[3]

 L’évocation de ces années d’avant la création de l’Etat d’Israël est d’une grande richesse et d’une rare complexité. Impossible de résumer ici les débats qui secouent les différents camps, les conflits ouverts opposants les partisans d’une colonisation totale du pays, par le rachat des terres aux paysans arabes ou en les leur arrachant le fusil au poing ; et celles et ceux, comme Sioma et Tsipora, qui rêvent d’une solution binationale comme les membres de l’association Brit Shalom. Avec quelques intellectuels minoritaires dont les plus connus sont Martin Buber, Judah Magnes et Hugo Bergman, ils défendent, en effet, le principe d’ « une seule terre pour deux peuples ». Ainsi qu’il le raconte à son fils : Nous aimions les fréquenter, ta mère et moi. Nous avions cette chance. Buber nous fascinait. Bar-Am nous avait longuement parlé de ce jeune philosophe de quarante-sept ans qu’il avait rencontré à Prague avec Hugo Bergman. Il nous avait lu des extraits de Je et Tudès sa parution en 1923. C’est aujourd’hui seulement que je peux faire mienne une de ces sentences qui résument bien les plaisirs, les bonheurs, les souffrances de ma vie : toute existence véritable est rencontre… Cependant on ne voyait que rarement Martin Buber. Il était plutôt à Francfort qu’à Jérusalem. Puis, il n’était pas ni ne prétendait être un homme de terrain.[4]

Un homme de terrain et de rencontres, voilà ce qui définit peut-être le mieux cet aventurier incomparable qu’est Sioma. Après avoir travaillé dans un kibboutz à Nahalal, il emmène sa famille à Haïfa, où ils s’installent tous les trois sur la colline du Carmel.  Il œuvre aux côtés des ouvriers juifs et arabes à défricher la terre et à construire de nouveaux logements. Sans renoncer en rien à son militantisme. Certaines lettres qu’échangent les deux amoureux entre ces années vingt et trente sont magnifiques, aussi bien pour la tendresse et la douceur qui s’en dégagent que pour la lucidité quant à l’évolution de la situation politique dont elles rendent compte. Car dans ce contexte chaotique, les tueries vont bon train entre la police britannique, et les différents groupes qui s’opposent à sa présence.

Depuis les émeutes de 1929, la colonisation n’avait cessé de s’amplifier avec l’évacuation des paysans arabes de leurs terres, les destructions de leurs maisons, les couvre-feux, les assassinats ciblés pratiqués par les Britanniques, les pertes et les drames humains juifs et arabes. Au printemps 1936, une grève a totalement paralysé le pays. Le détonateur qui a mis le feu aux poudres a été la volonté de la Histadrout de bannir les ouvriers arabes du marché du travail. Ces derniers voulaient simplement défendre leur droit de vivre, un droit élémentaire s’il en est, qu’on soit juif ou arabe. Rapidement, cette grève s’est transformée en révolte armée. Nationalistes arabes, sionistes et Britanniques, conscients de jouer une partie décisive, allaient y déployer tout leur arsenal militaire et émotionnel. Ben Gourion avait raison : le véritable enjeu était de savoir à qui appartiendrait la Palestine.[5]

L’année 1936, Alec fêtera ses huit ans alors que la Palestine est en feu. Les manifestations succèdent aux grèves à un rythme effréné. Les Anglais ont élaboré un Code pénal leur permettant d’expulser toutes personnes « ayant participé à une propagande de nature bolchévique et à des activités mettant en danger la paix en Palestine ». C’est ainsi que bientôt, Sioma aura le choix entre purger une peine de prison de dix ans ou de quitter le pays. Entre la peste et le choléra, il optera pour la résistance. Pendant ce temps, et grâce au journal de Tsipora, nous suivons, quasiment au jour le jour, la manière dont sont vécues ces journées qui se partagent entre l’école, l’activisme, les promenades et les jeux avec son fils. Tout un univers disparu se donne à lire dans l’intimité d’une voix déchirée entre le goût des choses simples, les bonheurs familiers, et l’exigence de justice et d’égalité qui semblent des paradis toujours plus lointains à mesure que le fascisme et le nazisme montent en Europe… Certaines descriptions sont à la limite de l’insupportable tant la barbarie y impose sa marque. Sioma raconte : La brutalité de la police anglaise et de l’administration pénitentiaire dépassait l’entendement. Elle était comparable à celle des nazis. Je me souviens d’un officier supérieur de la police. Il se faisait appeler Sir Charles. Il venait de New Delhi où il s’était distingué par la création de centres de tortures. En Palestine, il les nommait les Centres de recherche arabes, il y faisait subir aux suspects le troisième degré jusqu’à ce qu’ils aient craché le morceau. C’était la seule façon car ces métèques ne comprenaient que les coups de matraque et la violence arbitraire, disait-il. Il y avait aussi ce policier détaché à Naplouse qui se vantait d’avoir mis dans une vieille boîte de cigarettes le cerveau d’un Arabe dont il avait fait éclater le crâne à coups de crosse.[6]

C’est alors que Sioma fût arrêté et se décida à quitter la Palestine, sa femme et son fils, pour s’engager dans les Brigades Internationales et rejoindre les républicains espagnols dans leur bataille contre Franco. S’ouvre dès lors une troisième partie couvrant les trois années de guerre civile en Espagne de 1936 à 1939. Là encore, nous retrouverons la même persévérance, le même acharnement de Sioma à combattre le Mal. Au cri popularisé par la Pasionaria, No Pasaran !, il ajoute son propre cri, et nous entraîne dans les labyrinthes et les corridors de ce champ de bataille terrible. Nous apprenons la méfiance entre les communistes et les anarchistes, les désaccords stratégiques contre les franquistes. Mais aussi la solidarité, la fraternité fantastique entre ces jeunes gens de tous les pays venus prêtés main forte pour que survive la démocratie populaire. En vain. La défaite est irréparable. Malgré tout, nous faisons la rencontre de figures inoubliables, brûlants  de la passion de la liberté et prêtes à sacrifier leurs vies pour elle, comme Jeanne Lev, pseudonyme d’une journaliste juive et française devenue l’amie de Sioma.

Le temps n’attend pas, mais pour qui ? Pour la révolution ? L’Armée rouge ? La Tchéka ? Les Espagnols ? Les Juifs ? Oui, pour les Juifs, de tout temps, le temps n’attend pas. Il est toujours pressé le temps, le temps des pogroms, le temps des tortionnaires britanniques en Palestine, le temps de la guerre des démocraties bafoués en Espagne, en Italie, en Allemagne, le temps d’une nouvelle guerre, le temps de la souffrance et de l’angoisse, mais aussi le temps de la joie, du bonheur, de la communion, le temps des passions les plus brûlantes, celles pour lesquelles tant d’hommes et de femmes ont accepté de se battre et de sacrifier leur vie. Elle avait écrit une série d’articles sur ces hommes et ces femmes, les morts et les survivants des massacres, en particulier celui des collectivités de Calenda. Elle avait publié l’histoire des luttes des Mujeres Librespour la révolution sociale et pour la libération  des femmes. Elle était fascinée par leur détermination, leur énergie, leur respect de la vie et pour l’acte sacré qu’elles accomplissaient. Elle s’était complètement identifiée à leur combat pour la libération des femmes et la révolution. Elle savait qu’en publiant son reportage  sur ce qui s’était passé à Calanda, elle allait exaspérer, et même provoquer les autorités russes. Elle ne s’était pas trompée.[7]  Cette Jeanne Lev, anthropologue de formation, étudiante de Marcel Mauss, sera exécutée, elle aussi, car elle était considérée comme une traître par Moscou : ses reportages refusant de troquer la vérité des faits pour préserver l’image des chefs militaires. Une fois le désastre de la guerre en Espagne terminé, Sioma se demande où aller. Les quelques amis palestiniens avec lesquels il a combattu dans les Brigades Internationales sont décidés à rentrer au bercail, mais lui est toujours sur la liste rouge des Anglais. C’est ainsi qu’il prend le chemin de la France, partageant l’exil des innombrables vaincus républicains qui cherchent refuge chez leurs voisins. Et, comme eux, suspectés d’amitiés pour les « extrémistes rouges » par la Gendarmerie, il sera envoyé dans un camp : au Vernet, dans l’Ariège.

La dernière partie du livre s’intitule Le Vernet, Moscou, Jérusalem, Paris. Il y est question de la seconde guerre mondiale. Mais on ne sait plus très bien quand celle-ci, au juste, a commencée. Comme si depuis le début du siècle, il n’y avait eu que violences, massacres, destructions. Les lieux changent mais la brutalité est identique. De ce point de vue, la catastrophe des camps nazis se révèle en continuité avec les épisodes sanglants qui les ont précédés. Encore une fois, plutôt que de paraphraser, je préfère citer le texte lui-même.

Le Vernet était, dans une certaine mesure, comparable aux camps nazis. Au Vernet, la nourriture, les installations, l’hygiène était détestables, les coups pleuvaient quotidiennement, mais, seule différence, ils ne continuaient pas jusqu’à ce que mort s’ensuive comme à Dachau, à la même époque. Au Vernet, nous dormions sans couverture, à -20°, mais nous n’étions pas enchaînés et exposés au froid jusqu’à nous transformer en blocs de glace comme à Dachau. Pourtant, j’ai réussi à m’évader et à rejoindre Paris où j’avais rendez-vous avec Tsipora.[8]

Cette évasion va déboucher sur une des scènes les plus bouleversantes d’un livre qui en compte déjà beaucoup. Voilà quatre ans que les deux amoureux ne se sont pas vus. Quatre ans qu’Alec n’a pas embrassé son père. Nous espérons que la famille va pouvoir enfin se réunir pour affronter ensemble la folie qui se prépare… Mais la réalité est souvent plus inimaginable que la fiction, et les choses ne se déroulent pas de la sorte. Un paragraphe suffit à rendre tout le malheur d’une époque qui brise les corps et sépare les âmes à jamais : J’ai été pris à ma descente du train en gare d’Autsterlitz. Quand je vous ai vu, Tsipora te tenant par la main et me regardant sans dire un mot, comme si je venais du ciel, ça a été pour moi un bonheur inouï. C’étai la dernière image que j’emportais de vous, inoubliable. Puis on m’a réexpédié au Vernet où j’ai purgé une peine de cachot pendant deux semaines.

Sioma et Tsipora ne se reverront plus. Et pourtant l’histoire continue. La résistance en Europe de même que la lutte d’indépendance en Palestine. Après une foule de péripéties, ce juif révolutionnaire poursuit son démon jusqu’au devenir un agent de liaison spécial pour Moscou afin d’envisager les possibilités d’un Etat binational en Israël-Palestine qui aurait le soutient de l’URSS une fois la guerre terminée. Il s’agit, bien sûr, de trouver une terre d’asile pour les centaines de milliers de réfugiés que la guerre aura laissé sans rien une fois les nazis défaits. Nous sommes à nouveau plongés dans les tribulations de cet homme qui s’accroche à l’inespéré sans pourtant se faire d’illusions sur les chances d’une paix durable. Un homme qui aura puisé dans le judaïsme hassidique de ses ancêtres une inspiration finalement claire comme de l’eau vive : pour vivre, il faut sans cesse trouver de nouvelles modalités d’existences, sans cesse continuer à s’inventer…

Alexandre Thabord, Les aventures extraordinaires d’un juif révolutionnaire, TempsPrésent, 2020

Notes :

[1] Alexandre Thabord, Les aventures extraordinaires d’un juif révolutionnaire, TempsPrésent, 2020, p.46

[2] Ibid., p.100

[3] Ibid., p.127

[4] Ibid., p.121

[5] Ibid., p.141

[6] Ibid., p.143

[7] Ibid., p.179

[8] Ibid., p.227