Un texte de Elias Preszow écrit pour le Haggadah 2025, une publication de l’UPJB conçue et distribuée dans le cadre du Seder Judéo-Arabe de l’association. Cette publication est disponible à la lecture via ce lien. Un an plus tard, ce texte fût lu publiquement à l’occasion du Shabbar Seder célébré à l’UPJB le 4 avril 2026. Pour l’UPJB, le Seder de Pessakh porte le message de la libération d’un peuple et de son émancipation après l’esclavage. Au-delà du peuple juif, cette évocation résonne avec les luttes de tous les peuples, et en particulier de celles et ceux qui subissent aujourd’hui le joug d’occupations étrangères.
Ce que nous sommes ?
20 avril 2025
Nous sommes la dispersion
et nous sommes l’exil ;
Nous sommes le déracinement,
l’errance,
et nous sommes ce que nous sommes –
Des questions en mouvement.
Et nous sommes un grand souffle,
une commune respiration ;
Qu’est-ce que nous sommes ?
Est-ce que nous sommes –
Une attente, une promesse ?
Ce soir nous sommes
ce que nous devenons ;
et demain nous serons autre chose,
encore autre chose que ce à quoi –
Nous aspirons.
Il y a un avant, un après,
Il y a un pendant ;
Il y a l’oubli, la mémoire,
et l’infini recommencement –
Pas à pas.
Nous sommes ce que nous sommes,
Nous sommes ce que nous défendons et ce que nous aimons [1].
Dans la mort, dans la naissance,
Dans la lutte et la libération,
Dans le désir et dans l’espoir,
Dans la rage, dans la colère,
Dans la douceur, dans la tendresse,
Dans la joie, dans la joie,
Dans l’amitié, et dans l’amour.
Nous sommes
et nous ne sommes pas –
Dans l’espace et dans le temps.
Dans l’histoire, nous sommes,
hors de l’histoire –
Nous devenons.
Ce soir, nous nous sommes donnés rendez-vous
Ici ;
en souvenir
de là-bas.
Là-bas le pays, ici le pays,
Là-bas le désert, ici le désert,
Là-bas l’esclavage, ici l’esclavage ;
Ce que nous sommes, une fuite en avant,
un essor, un appel au rassemblement,
Au soulèvement.
Entre toi et moi,
nous sommes ;
Entre nous,
Nous sommes –
Dans la tente, dans les camps,
sur le chemin,
l’espace d’un instant,
le temps d’une rencontre
avec nous-mêmes,
Entre les rires et les larmes.
Nous sommes la traversée de la mer,
Nous sommes le passage que nous sommes.
Un visage, un paysage ;
le lien,
entre toi et moi,
une voix, une pluralité de voix,
une multitude,
Voilà, ce que nous sommes –
Franchissant la frontière.
La dispersion, l’exil,
le déracinement, l’errance ;
Des questions, des questions,
ce que nous sommes –
qui nous sommes ?
Le poing levé, le regard ouvert, l’oreille tendue,
A l’écoute –
nous sommes,
éclats du printemps, du peuple, ombres du vivant,
fragments de fragments.
Poussières d’étoiles,
Dans la nuit,
Nous sommes et nous resterons –
Là-bas,
Nous resterons,
Ici ;
Ce que nous devenons,
la somme de nos questions ;
La tradition, la transmission,
le silence, l’absence,
et la révolution, la révolution.
En mouvement, nous sommes,
Et nous nous transformons –
Dans la lumière.
Nous serons ce que nous serons.
[1] Nasser Abu Srour, Je suis ma liberté, traduit de l’arabe (Palestine) par Stéphanie Dujols, 2025, Gallimard, p.42

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