Dimanche 14 juin à 16h : rencontre avec Yolande Zauberman, cinéaste de la subversion par le désir, les corps et le chant.
De son premier long-métrage tourné clandestinement en Afrique du Sud en 1987, « Classified people», à la « Belle de Gaza », le cinéma de Zauberman donne la parole à des personnes qui affrontent la domination des puissants à partir des désirs sexuels, amoureux, érotiques. C’est un cinéma où l’intime et le politique font un.
Zauberman filme de près, la caméra à l’épaule. Elle arrive à créer un rapport amoureux avec ses personnages tant dans les documentaires que dans la fiction. Ce rapport leur permet de sortir d’eux-mêmes, de se découvrir face à la caméra sans qu’aucun de ces films ne tombe dans une forme de voyeurisme.
C’est un cinéma sur la puissance du chant qui crépite comme les autres expressions du corps dans la chanson de Reyzele interprétée par Hélène Lapiower (« Moi Ivan, toi Abraham »), une splendide sourate psalmodiée dans la « Belle de Gaza » avec comme point d’orgue la voix de Menahem qui arrive à abattre des murs de haine et d’hostilité dans « M ».
C’est un cinéma des mélanges de langues. La plupart de ces films passent par deux ou trois langues qui s’enchaînent et souvent se mélangent. « Moi Ivan, toi Abraham » donne une vie nouvelle au yiddish dans des territoires d’Europe de l’Est où il a pratiquement disparu.
Le cinéma de Yolande Zauberman sape les identités circonscrites, exclusives ou closes. C’est un éloge de l’impureté, de la transgression des frontières, du partage et des mélanges. C’est un cinéma de l’émancipation des personnes opprimées qui en célèbre la beauté, le pouvoir créateur, la puissance du regard amoureux, de la voix et des corps qui s’unissent.
Yolande Zauberman a accepté de venir à Bruxelles à l’issue de la rétrospective que nous avons organisée. Elle nous présentera son travail qui s’étend sur une période de presque quarante ans.
Yolande Zauberman : brève biographie
Diplômée en art et en histoire, Yolande Zauberman débute au cinéma auprès de Amos Gitaï. En 1987, elle signe son premier documentaire tourné clandestinement en Afrique du Sud, « Classified People ». Elle part ensuite en Inde en 1989 réaliser « Caste criminelle » sélectionné au Festival de Cannes. En 1992, elle filme sa première fiction en yiddish, « Moi Ivan, toi Abraham ». Puis elle tourne « Clubbed to Death » (1996) et « La Guerre à Paris » (2002. En 2005, elle revient au documentaire avec « Un juif à la mer ».
En 2011, elle entame sa « trilogie de la nuit » avec « Would You Have Sex With an Arab? ». Elle poursuit avec « M », comme Menahem, enfant prodige à la voix d’or, abusé par des membres de sa communauté qui l’adulaient. Le film a remporté le César du Meilleur documentaire en 2020. « La Belle de Gaza » termine la trilogie en 2024 Un film sur la beauté de la nuit qui brouillent les frontières, entre les genres et entre les peuples
Source : Cinemed – Festival International du Cinéma Méditérranéen de Montpellier. Notice abrégée et mise à jour en décembre 2025
Calendrier des prochaines activités de la commission culture
- Dimanche 17 mai à 16h: « Mis hermanos » de Claudia Huaiquimilla (2021, 85′)
- Samedi 13 juin à 20h15 : Rencontre avec Janette Habel, « Le rêve cubain des années soixante, que nous dit-il pour aujourd’hui ? »
- Vendredi 26 juin à 20h15 : Rencontre avec Sven Tuytens sur son livre « Las mamás belgas. La lutte ignorée de jeunes femmes contre Franco et Hitler ».
