Atelier #5 : Si la judéité, c’était une invitation à « Penser la cohabitation et Cohabiter la pensée », …
C’est en travaillant sur le procès de Eichmann, le responsable nazi de toute la déportation des juifs, condamné à mort par le tribunal de Jérusalem en 1961, que Arendt a eu l’intuition des fondements de sa pensée politique aussi bien que de sa philosophie. « Nul n’a le droit de choisir avec qui cohabiter sur terre ! » conclut-elle. Vouloir créer un Etat composé exclusivement de gens « choisis », c’est se permettre d’exclure les autres, créer de l’apatridie et se rendre, à terme, responsable d’un génocide. La cohabitation, en Israël-Palestine, est déjà un fait ! Mais elle est inique. À quelles conditions, donc, mettre en place la « pluralité » dans un nouvel Etat Ispal ? Plus loin, H. Arendt nous interroge sur le rapport entre le mal et la pensée. Le « mal » ne se situe-t-il pas dans le fait d’éteindre et contraindre la pensée, la vider de sa complexité, la soustraire du dialogue bienfaisant de soi avec soi-même, ou avec les autres en soi, en quoi consiste, justement son exercice ? Le fascisme est à nos portes lorsqu’on « banalise » ainsi la non-pensée, aussi bien par le conformisme, que par l’autorité brutale qui ne laisse aucune place à la fragilité et au doute. Et n’est-ce pas ce que nous faisons aujourd’hui avec les réseaux sociaux comme seuls lieux, très sauvages, et très simplificateurs, de socialisation ?
Catherine Buhbinder
Atelier philo et projet d’exposition à l’UPJB, animé par Catherine Buhbinder
Catherine Buhbinder vous invite à participer aux ateliers philo-créatif, un jeudi par mois, de 15h à 17h. Merci de vous confirmer votre participation en remplissant ce formulaire.
Le séminaire philosophique organisé l’année passée à partir du livre de Judith Butler, Vers la cohabitation, judéité et critique du sionisme se poursuit à l’UPJB avec un nouvel atelier de réflexion/discussion/création philosophique. Cette fois-ci, la réflexion intègrera une dimension créative et artistique, et sera donc encore plus participative. Les concepts philosophiques seront travaillés sur base d’ateliers créatifs ou de discussions. Avec l’accord des participants, le travail créatif pourra faire l’objet d’une exposition finale à l’UPJB.
L’idée est que malgré toutes les horreurs et le désespoir que nous pouvons ressentir par rapport à ce qui se passe aujourd’hui à Gaza, ou justement, face à ce qui s’y passe, ce serait dans une réflexion, un retour, sur ce qu’est la judéité diasporique (nos valeurs) que l’on pourrait trouver les meilleurs outils intellectuels, à la fois pour comprendre et condamner ce qui se fait aujourd’hui en notre nom, et continuer néanmoins à nourrir un principe d’espérance : la cohabitation.
Nous travaillerons, comme l’année passée, à partir de quelques grands thèmes, sur base des écrits de quelques grands philosophes relus par Judith Butler.
